17.8.18

RIP, Davis Cup

La Coupe Davis, ma Coupe Davis, notre Coupe Davis n’est plus. Paix à son âme. Rien ne sera plus jamais comme avant. Une certaine idée du tennis est morte en ce jeudi 16 août 2018. L’argent a gagné, les cons ont triomphé, et les romantiques comme moi peuvent bien aller se faire foutre. J’ai juste envie de chialer et de maudire la terre entière.

J’ai déjà exprimé ma haine et ma colère contre cette décision complètement débile dans un post, je ne vais pas en remettre une couche maintenant. Je n’en ai ni la force ni l’envie. Aujourd’hui ne subsistent que la tristesse et la nostalgie. Tristesse de perdre l’une des plus mythiques compétitions par nations du monde, une véritable institution. Nostalgie quand je repense aux Suisse – France endiablés, aux 20'000 spectateurs de Palexpo, à toutes ces émotions uniques et ces frissons magiques. 

J’ai pris un coup, un terrible coup, comme lorsque tu perds un de tes meilleurs amis. Je suis en deuil. Ce n’est pas une mort naturelle, c’est un meurtre. Je chie sur tous les connards qui ont pris cette décision. J
’exècre tous ceux qui se réjouissent de cette «évolution». Je vomis sur tous ces joueurs, toutes ces légendes qui n’ont même pas levé le petit doigt pour combattre cette sentence. Je suis extrêmement déçu de Federer et Nadal, entre autres, qui auraient dû prendre la parole pour défendre ce sport qu’ils disent tant aimer. Je hais Gérard Piqué, cette merde sans nom. 

La Coupe Davis me manque déjà. Elle m’a offert mes plus beaux moments de passionné de tennis et m’a permis de vivre mes plus fortes émotions comme joueur, capitaine ou consultant, de Fort Worth à Melbourne en passant par
Nîmes, Toulouse, Lille, Neuchâtel, Lausanne ou Genève. La Coupe Davis était le fleuron, le piment, le grain de folie, la vitrine de la petite balle jaune. On a entériné sa mort en moins de six mois, crucifié sur l’autel du roi dollar. Sans la moindre arrière-pensée. Comme un condamné à mort qu’on liquide sur sa chaise électrique au fin fond du Texas après lui avoir proposé une dernière clope.

La Coupe Davis n’aura même pas droit à un dernier tour d’honneur, à une édition 2019 qui aurait pu réunir les meilleurs joueurs du monde et faire vibrer des millions de fans. Elle crèvera un triste dimanche de novembre dans un torrent de larmes et de dégoût, et cette fin d’édition 2018 a plus que jamais des allures de convoi funèbre. C’est moche, c’est affreux, c’est dégueulasse. C’est un condensé parfait du sport moderne. 

En 2022, il y aura donc une Coupe du monde de football avec 48 pays au Qatar, des Jeux Olympiques d’hiver dans cette charmante station de montagne qu’est Pékin et, ô rage ô désespoir, une Coupe du monde du tennis étalée sur sept jours dans une ville à la con. Tout ça me débecte au plus haut point et me donne envie de gerber. Le sport n’est plus qu’une immense farce commerciale, gangrenée par l’argent et pilotée par de sombres cravateux aux valeurs aussi développées quun fabricant darmes. J'attendrai encore la fin de carrière de nos Rodgeur et Stan nationaux avant d’éteindre définitivement le téléviseur, de passer à autre chose et de mettre un point final à ce blog.

20.7.18

Un énorme Djokovic s’offre un Wimbledon de légende

Désolé les amis, j’ai profité de quelques jours de vacances – coupé du monde et sans connexion internet – juste après la finale de Wimbledon, d’où mon silence sur ce blog. Ainsi donc, après plusieurs coups de blues, deux-trois crises sentimentales et quelques blessures, Novak Djokovic est de retour parmi les meilleurs et s’est offert un 13ème titre du Grand Chelem dimanche 15 juillet à Londres. En toute sincérité les gars, j’en suis franchement ravi ! Non seulement parce que le Serbe se dresse comme l’un des principaux rivaux de Rafael Nadal dans sa quête du record de Majeurs (et donc comme l’un des principaux alliés du Maître), mais aussi parce que le monde du tennis avait besoin d’un tel come-back. Force est aussi de constater que sa terrible traversée du désert l’a presque rendu sympathique, le coton-tige.

Même sans Roger Federer, éliminé à la surprise générale en quart de finale, cette édition 2018 de Wimbledon est à ranger au rayon des très grandes cuvées. Des cuvées mythiques même. Un vent de folie a soufflé sur le tournoi britannique dès mercredi, comme pour dire à tous les amoureux du sport : «Il n’y a pas que la Coupe du Monde en ce moment, on est là et bien là, et on va vous faire aimer le tennis !» En guise d’apéro, il y a d’abord eu l’incroyable et renversant (et traumatisant...) Federer – Anderson suivi d’un Nadal – Del Potro explosif et à couper le souffle
. Le plat principal a ensuite dépassé toutes les espérances avec un Anderson – Isner d’anthologie, 7-6 6-7 6-7 6-4 et... 26-24 pour 6h36 de jeu : tout simplement le deuxième match le plus long de l’histoire en Grand Chelem. Bon, soyons d’accord, ce fut aussi beau à voir que le jeu de l’équipe de France au Mondial, mais ce fut quand même un grand moment de sport en termes d’intensité et de suspense. 

La suite, elle, fut absolument somptueuse avec un DjokovicNadal de légende, encore un ! Tout fut hallucinant dans cette demi-finale qui fera date : l’heure très tardive du début, le toit fermé les deux jours, le tie-break du troisième set, l’ambiance de feu dans ce Centre Court, l’hystérie dans la loge des joueurs, la rage de ces deux extraterrestres et, bien sûr, ce cinquième set de dingue où Joe Dalton et Popeye ont posé leurs couilles, leur cœur et leur folie sur ce court. 6-4 3-6 7-6 3-6 10-8 après 5 heures et 14 minutes de grand tennis : j’en suis resté bouche bée de longues minutes, sonné par ce spectacle hors du commun. 

Bref, inutile de dire que la victoire de Djokovic a sauvé ma quinzaine et, accessoirement, celle de Rodgeur et de tous ses supporters. Et je dois reconnaître également que les regrets furent moins grands, voire complètement inexistants, après avoir assisté à ce combat titanesque. Car autant dire que le Federer aperçu à Church Road cette année, en panne d’inspiration et hors de forme, n’aurait rien pu faire contre ce Djokovic-là, ni contre ce Nadal-là d’ailleurs.

Après toutes ces émotions, la finale fut sans le moindre intérêt et presque aussi courte que la descente du bus des Bleus sur les Champs-Elysées. Non mais t’as vu ce sketch ? Il y avait autant de spontanéité et de convivialité lors de cette célébration qu’à un meeting du G8 à Washington ou au World Economic Forum de Davos. Non content d’avoir déployé une centaine de CRS pour escorter ce bus, les organisateurs auraient encore dû penser à mettre un tank à l’avant du cortège et des camions anti-émeute à l’arrière. Bref, on était à des années lumière de la liesse populaire et si amicale de 1998. Comme quoi, après avoir été sacrés champions du monde grâce à sept non-matches, pas étonnant que les Français aient eu droit à une non-célébration...

Allez les gars, merci pour vos commentaires et vivement la suite de cette saison qui s’annonce palpitante !  

PS : afin de répondre à la question d’un lecteur sous les commentaires, je suis clairement contre la proposition de John Isner qui, en l’occurrence, crache un peu dans la soupe car il ne serait jamais entré dans le Guinness Book des records si la mesure qu’il suggère existait. Autant je suis favorable à certaines évolutions comme le challenge par exemple, autant je trouverai triste et regrettable de mettre un terme à un match de fou par un crouille jeu décisif à 12-12. Et franchement, tant mieux si une rencontre se termine un jour par un 100-98 après 20 heures de jeu !

12.7.18

Black Wednesday

La bourse de Wall Street a connu son Lundi noir, les fans de sport que nous sommes pouvons désormais parler de Mercredi noir. Un Black Wednesday lugubre, cauchemardesque, horrible, affreux, dégueulasse, sinistre. A gerber. Alors qu’on rêvait d’une victoire de Del Potro, d’une qualification de l’Angleterre et, surtout, d’un succès aisé de notre Rodgeur national, tout est allé de travers. Tout. Tu sais, comme ce lundi matin où tu n’entends pas ton réveil, te fais flasher en roulant trop vite sur l’autoroute, te fais engueuler par ton connard de patron en arrivant au boulot et chope la grasto après avoir bouffé des moules à midi… 

Bon, connaissant la confiance qui anime Musclor en ce moment et l’attitude de losers qui caractérise les Three Lions depuis toujours, 1966 mis à part, voir Popeye passer en cinq sets et les Anglais se vautrer contre les Croates était tout sauf une surprise. Une équipe britannique, dominée et trop prudente, finalement à sa place et qui, entre nous soit dit, sera peut-être championne du monde lorsque des Jeux Olympiques seront organisés en Valais… De son côté, un Hulk hystérique a remporté un duel de titans face à un Del Puerco héroïque, qui commence gentiment à devenir le spécialiste des matches épiques et des combats en cinq sets.

Bref, on aurait signé pour un combo Federer – Nadal – Croatie sans trop broncher (surtout que les Croates méritent d’être en finale), mais là, le combo Anderson – Nadal – Croatie est juste indigérable. Comme une fondue au fromage accompagnée d’un coca avec glaçons. Comme un lendemain de cuite sans eau ni aspirine. Comme un cours de répét entouré de Suisses allemands fans de Christoph Blocher et de heavy metal. Ce haut du tableau ne ressemble désormais à rien, avec ce Anderson – Isner digne d’un troisième tour de Masters 1000, lequel donne autant de rêve qu’un retour en train du Montreux Jazz Festival à 5 heures du mat. 

Comme toi, je me demande encore comment Rodgeur a pu laisser filer ce quart de finale, comment il a pu – à son âge et avec son expérience – laisser se faire piéger par cette pâle copie de Peter Crouch (cf. Thomas Wiesel) au jeu tellement prévisible. Le Maître paie au prix fort un vilain jour sans, où il n’a jamais été dans son assiette, où il a très rapidement affiché sa tête des mauvais jours, où il a été beaucoup trop passif, où ses coups faisaient moins mal, où son coup droit semblait parfois déréglé, où son staff a paru très vite nerveux et inquiet. L’homme aux 20 Majeurs était comme perdu sur ce court no 1 aux allures de cimetière. A black graveyard. Il quitte son tournoi fétiche la tête basse, éliminé par un nobody à l’élégance et au charisme aussi développés qu’un paquet de chips Zweifel. 

Ne reste plus qu’à espérer que Novak Djokovic puisse se sublimer contre l’orgre de Manacor et signer un véritable exploit, ce qui me paraît quand même fort improbable. On se dirige donc vers un dimanche où un certain Rafael Nadal pourrait bien soulever son 18ème titre du Grand Chelem avant un triomphe de la France en Coupe du Monde… Et je conclurai ce post avec quatre lettres qui caractérisent parfaitement mon état d’esprit aujourd’hui : F U C K.

8.7.18

En route vers un jubilé historique ?

Cette édition 2018 de Wimbledon est un peu particulière car elle célèbre les dix ans du mythique Nadal – Federer de 2008, le monument qu’on peut unanimement et sans contestation considéré comme LE match du siècle. Une finale d’anthologie, un orgasme tennistique, une ode au jeu et au spectacle, une confrontation entre deux champions à l’apogée de leur rivalité. Le dénouement fut évidemment terrible pour tous les amoureux de notre Rodgeur national et je dois t’avouer que, même dix ans après, la pilule n’est pas encore passée. Et ne passera jamais ! Comme le 2 juin 1999 pour les supporters du Lausanne-Sport, la finale France – Italie de 2006 pour les fans de Zidane ou la finale de l’Euro 2004 pour les Portugais.  

Une décennie plus tard, les hommes aux 37 Majeurs – dominateurs et seuls sur terre comme à leur grande époque pourraient bien se retrouver au dernier stade du plus beau tournoi du monde, et ce ne serait bien sûr pas pour nous déplaire. Une finale qui aura lieu un certain dimanche 15 juillet, peu avant la… finale de la Coupe du Monde. T’imagines le programme de la journée si tu enchaînes un Federer – Nadal suivi, par exemple, d’un France – Angleterre ? Y’aurait de quoi vivre quelques belles émotions, avec des potes dans le jardin, une vasque pleine de rosé et un grill rempli de bidoche !  

Mais voilà, on n’y est évidemment pas encore et, que ce soit à Londres ou en Russie, une surprise serait tout sauf improbable. Devoir se taper un Raonic – Del Potro ou un Isner – Djokovic suivi d’un Belgique – Croatie est une réalité bien réelle, comme on dit, comme celle d’avoir un patron con, une meuf chiante ou un boulot de merde, et pas de chance pour ceux qui ont les trois… Bon, je te rassure mon pote, si la finale du Mondial est Belgique – Angleterre et si les Diables rouges l’emportent à la fin, ben je serais le premier à être content pour eux ! S’il y a bien une équipe qui donne du rêve durant cette Coupe du Monde, et Dieu sait s’il y en a peu, c’est bien elle. 

Bref, les choses sérieuses commencent lundi avec les huitièmes de finale. Si Rodgeur et Musclor devraient passer le cap sans problème, les premiers soucis arriveront probablement dès les quarts de finale, notamment pour Popeye qui a hérité de la partie de tableau compliquée, une fois n’est pas coutume. Hulk pourrait ainsi affronter un certain Del Potro en quart avant des éventuelles retrouvailles contre Djokobite en demi. Le Bâlois, lui, n’a pas vraiment à se plaindre avec l’élimination du principal danger dans le haut du tableau, un Marin Cilic aussi déplorable et pathétique que l’équipe de Suisse face à la Suède. Quoique non, je suis trop sévère, il fut quand même moins pathétique que cette nullissime Nati, tellement décevante et finalement tellement prévisible. Bref, passons, vivement demain les amis !

PS : un dernier mot pour ceux qui veulent faire une pseudo polémique sur le contrat entre Federer et Uniqlo : je m’en bats les couilles !   

27.6.18

La semaine croate

Je dois quand même t’avouer qu’après le torrent d’émotions et d’euphorie suscité par la fantastique victoire de l’équipe de Suisse vendredi soir, il ne fut pas facile pour moi de me passionner pour ce crouille ATP 500 de Halle, Federer ou pas. Un tournoi que le Maître n’a donc pas gagné, une fois n’est pas coutume. Cette défaite n’est malheureusement pas sans conséquence et la légende ne sera pas parfaite : Rodgeur laisse la place de numéro 1 mondial à Musclor et ne pourra pas soulever à Londres le centième titre de sa carrière. C’eût été tellement beau…

Les regrets sont donc bien présents aujourd’hui, d’autant plus que le Bâlois aurait pu remporter cette finale en deux sets et peut ruminer les occasions gâchées lors de la première manche, notamment cette balle de break à 4-3 et, bien sûr, ces deux balles de set dans le tie-break. L’homme aux vingt Majeurs a semblé cuit lors de la troisième manche que le prometteur Coric a raflé haut la main. Il faut croire que rien ne pouvait résister aux Croates la semaine dernière, puisque Cilic a gagné le tournoi du Queen’s tandis que leur équipe nationale de football a atomisé l’Argentine jeudi soir… Pensées à mon pote Goran Ivanisevic qui doit être sur son petit nuage en ce moment !

Ainsi donc, la semaine de repos entre Halle et le début de Wimbledon ne sera vraiment pas de trop pour notre Rodgeur national, lui qui avait d’ailleurs failli passer à la trappe lors de son premier tour contre Benoît Paire et qui a semblé très loin de son meilleur niveau, tant tennistiquement que physiquement. Voire même mentalement. Enchaîner Stuttgart et Halle pour Rodgeur et ses 36 printemps, c’est comme s’envoyer le Montreux Jazz Festival et le Paléo direct après : t’es content d’y être, tu donnes tout sur le moment mais tu finis quand même sur les rotules ! 

Quant au commentaire de l’excellent Thierry Fangio, mes deux réponses sont les suivantes, même si je ne suis pas dans le secret des dieux : non, Rodgeur ne prendra pas sa retraite après Wimbledon ; et non bis, je ne pense pas qu’il se soit fâché avec la marque à la virgule, mais voilà, son contrat arrivait à échéance et son agent Tony Godsick – qui aime autant l’argent que Michel Platini, Sepp Blatter et Pascal Broulis réunis – a sauté sur l’occasion pour négocier un contrat record avec Uniqlo.

Allez les amis, vivement le début de Wimbledon avec un Rodgeur au taquet et d’ici là, puisse Unser Nati continuer à nous faire rêver ! Hop Suisse.

19.6.18

A toi, à moi

Voilà les amis, notre Rodgeur national est de retour sur le trône après sa victoire à l’Open Mercedes, pardon, au tournoi de Stuttgart. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’homme aux 20 Majeurs n’a pas eu la tâche facile dans cet ATP 250 avec une demi-finale très disputée face à Nick Kyrgios avant une finale face au bombardier Raonic. Deux pièges que le Bâlois a parfaitement géré pour s’offrir le… 98ème titre de sa carrière ! Le rêve se prolonge, la légende continue...

Ainsi donc, le jeu des chaises musicales continue entre le Maître et le Bulldozer avec une nouvelle passation de pouvoir cette saison, la cinquième – déjà ! – depuis le début de l’année. Federer après Rotterdam, Nadal après Miami, Federer après Madrid, Nadal après Rome et Federer après Stuttgart : à toi, à moi, comme deux potes qui se passent la clé de leur Ferrari ou de leur chalet à Verbier !

Non contents de se partager à tour de rôle cette place de numéro 1 mondial, les deux légendes ultimes du tennis se renvoient également la balle au niveau des titres en Grand Chelem, avec trois Majeurs de chaque côté depuis janvier 2017. Comme je l’ai déjà écrit, on est revenu dix ans en arrière et ce n’est évidemment pas pour nous déplaire, même si la concurrence fait aussi peine à voir que Neymar dimanche soir ou que l’équipe d’Arabie Saoudite, laquelle a préparé sa Coupe du Monde en plein ramadan. Débarquer à un Mondial après un mois de ramadan, c’est comme si Guy Parmelin décidait de traverser le Lac Léman à la nage après trois semaines à la Fête des Vignerons ! 

Bref, en tant qu’amoureux de belles confrontations et de suspense, on ne serait pas contre un retour en forme du reste de la meute. Force est de constater que depuis ce stratosphérique et désormais cultissime Federer – Nadal à Melbourne en 2017, peu de matches sont sortis du lot, notamment les finales de Grand Chelem qui furent aussi serrées qu’une élection présidentielle en Chine ou en Corée du Nord, Federer – Cilic mis à part. On suivra donc avec attention les pérégrinations des Wawrinka, Djokovic et autre Murray au tournoi du Queen
s, dont on espère sincèrement un regain de forme.

La Coupe du Monde bat son plein, l’équipe de Suisse passionne les foules mais ne vous inquiétez pas les potes, je ne vais rien rater de cette saison sur gazon et me réjouis de vous raconter tout ça ! 

12.6.18

Onze films d’horreur


…ou onze grosses merdes ! Onze dimanches à voir une Momie dégoulinante et pleine de tocs s’allonger sur le Philippe Chatrier. Onze finales à sens unique où, de Puerta à Thiem en passant par Federer, Djokovic ou Wawrinka, tous se sont brisé les dents contre le taureau des Baléares. Onze discours à la con, onze croquages de coupe, onze fois où l’on aurait mieux fait d’aller à la plage, aux champignons ou chez sa belle-mère plutôt que d’assister à ce massacre. Onze fois où l’on s’est dit «enfin, la saison sur terre battue est terminée». Onze purges, onze chieries, onze pensums, onze daubes, onze Tamedia, onze Sergio Ramos, onze Suisse Ukraine. Onze putains de dimanches de merde.

Comme prévu, Rafael Nadal a donc soulevé sa onzième Coupe des Mousquetaires dans le ciel de Paris dimanche après-midi. J’avais écrit dans mon dernier post que Terminator allait remporter la finale 6-2 6-0 6-1, Thiem a réussi l’exploit de lui chiper six jeux de plus et de perdre presque «honorablement» 6-4 6-3 6-2. C’est toujours moins pire que notre Stan national, lequel avait ramassé 6-2 6-3 6-1 au même stade de la compétition en 2017. Bref, Musclor est simplement trop fort, trop solide, trop complet, trop tout. Trop chiant, aussi. Au revoir, merci et à l’année prochaine pour la Duodécima.

A ce rythme-là, il est fort probable qu’il gagne douze, treize, quatorze, quinze Roland Garros, voire plus… La Bête semble affûtée et affamée comme jamais, motivée comme lors de ses premières années et complètement, mais alors complètement injouable. Le malentendu que j’espérais tant n’a pas eu lieu et même si Schwartzman a réussi à lui piquer un set et Del Potro à le bousculer lors de la première manche, le Monstre n’a jamais tremblé dans un court central aux allures d’abattoir. Comme un boucher qui exécute ses proies les unes après les autres, comme un éditeur zurichois qui liquide un quotidien romand sans le moindre sentiment. 

A trop dominer son sport sur terre battue, Popeye ne rend évidemment pas service au tennis en général et à Roland Garros en particulier. Ce n’est bien sûr pas de sa faute si «l’adversité» est à ce point ridicule, mais force est de constater que ce tournoi n’offre désormais plus aucun suspense, sauf celui de savoir qui se fera démolir par l’ogre de Manacor en finale. Il y a certes eu quelques beaux combats en première semaine, un magnifique Djokovic – Cecchinato sur le court Suzanne-Lenglen mais autrement, tout est à jeter dans cette quinzaine aussi réussie que la candidature de Sion 2026.

A défaut d’émotions, on gardera trois chiffres de cette édition 2018 : 264, comme le classement de Wawrinka au lendemain du tournoi ; onze comme le nombre – forcément record – de Roland Garros remporté par Hulk ; et surtout dix-sept comme celui de titres en Grand Chelem au compteur de Brutus, qui se rapproche ainsi du Maître et lui met un petit coup de pression avant Wimbledon. Allez les amis, merci pour vos commentaires et votre fidélité, on se réjouit de retrouver notre bon vieux gazon et notre Rodgeur national. Putain comme on est heureux de passer à autre chose !