3.4.17

Le come-back du siècle !

Fabuleux Roger Federer, FA – BU – LEUX !!!!! Putain les amis, c’est la baffe, la claque, l’uppercut, le coup de boule de Zidane, le high kick de Cantona, le 48 tonnes en pleine figure !!! Open d’Australie, Indian Wells, Key Biscayne : les trois plus gros tournois de cette première partie de saison sont dans l’escarcelle du Maître. Il n’y croit pas ? Nous non plus ! C’est complètement fou, dingue, hallucinant, magique !! Et complètement inimaginable il y a encore 3 mois...

Oui, on peut parler de come-back du siècle et ce n’est pas Rafael Nadal qui nous contredira, lui qui vient de subir sa troisième défaite de l’année face à son meilleur ennemi. Ah Popeye, qu’est-ce qu’il est agréable quand il se met à perdre ! Le gendre idéal presque... Un brin dégoulinant, un peu toqué et à moitié chauve certes, mais malgré tout ô combien sympathique. Comme hier où il n’a pas réussi à trouver les solutions face aux coups de fusil du Suisse, très inspiré et hyper offensif, bref, comme on l’aime !  

De toute sa phénoménale carrière, on repensera souvent à cette période dorée où le Maître s’est offert ce triplé hors du commun, le tout après une pause de 6 mois. Un exploit qu’il avait déjà réussi en… 2006 lorsque la planète tennis était à ses pieds. C’est dire si cette performance fera date et qu
’on peut parler d’un exploit XXL. Un exploit qu’avait également réalisé Sampras en 1994, Agassi en 2001 et Djokobite en 2011, 2015 et 2016, mais qu’aucun de ces trois monstres n’a signé à 35 ans et demi... Là aussi, ce n’est pas Nadal qui nous contredira, lui qui a été battu pour la cinquième fois en finale dans la fournaise de Miami.  

Le Maître remporte donc son 26ème Masters 1000, creuse l’écart à la Race et remonte à la 4ème place mondiale, déjà ! Au contraire d’Indian Wells où le Bâlois s’était offert une promenade de santé, son parcours en Floride fut un véritable champ de mines. Avec notamment un troisième tour contre Del Potro, un quart contre Berdych et une demi-finale face à Kyrgios, l’homme aux 18 Majeurs a dû mettre son bleu de travail et a d’ailleurs vu la sortie de près, de très près même, sauvant deux balles de match contre Monsieur Ester Satorova. Sa demi-finale face au grand dadet fut également dantesque, avec trois tie-breaks irrespirables où la réussite a choisi le camp du Suisse. Quand on est Dieu, pas étonnant que le ciel nous file deux-trois coups de main… A côté de ces thrillers, la finale est quasiment passée pour une formalité, même si le score est sévère pour un Rafa qui aurait pu remplir quatre jacuzzis et deux piscines avec tout ce quil a transpiré... 

Bref, autant dire quon regrette que cette délicieuse et inoubliable saison sur dur soit déjà terminée... Place désormais à la saison sur terre battue avec ses trois Masters 1000, son Roland Garros et son armada de joueurs espagnols. Une saison que le Maître a décidé de zapper, se concentrant uniquement sur le Grand Chelem de la Porte d’Auteuil. Une sage décision qu’on peut évidemment comprendre, même si on espérait quand même le voir à Madrid et/ou Rome. Une chose est sûre, Murray et Djokovic doivent vite se remettre de leurs pépins car ils auront une montagne de points à défendre. De là à dire qu’on serait heureux de les voir se prendre les pieds dans le tapis, il n’y a qu’un pas qu’on noserait point franchir, quoique... Allez, encore bravo au Maître et vivement qu’on le retrouve en pleine forme à Paris !

20.3.17

Comme à la belle époque !

Amazing arsehole (cf Stan) !!!! Du haut de ses 35 ans, notre Rodgeur national a donc conquis son 90ème titre sur le circuit à Indian Wells. Oui, son 90ème titre et son 25ème Masters 1000 et, le plus incroyable dans tout ça, c'est que ce sacre n'a semblé être qu'une formalité, telle une lettre à la poste, un shot de Jäger au bout d’un bar, un match sur Tinder ou une tape sur le cul d’une serveuse. Putain la facilité du Maître, incroyable !

Comme à la belle époque, le Bâlois a remporté ce tournoi sans perdre le moindre set, en jouant sur une jambe (ou presque) et en ayant passé... 5 petites heures sur le court. La finale a d'ailleurs étrangement ressemblé aux finales d'il y a dix ans lorsqu'il martyrisait les pauvres Hewitt, Roddick ou autre Agassi et qu'on ne doutait pas une seconde de l'issue de ces rencontres : face à Stanimal, l'homme aux 18 Majeurs n'a eu qu'à accélérer un poil en fin de set pour conclure à chaque fois à sa première occasion. Easy, facile, tranquille... 

Je ne reproche bien évidemment rien à Stan, mais j’ai quand même pas trop compris les larmes du gamin, lui qui n'a jamais été dans son match et qui n'a pas vraiment de regrets à avoir dans ce derby. A part le challenge qu’il oublie de réclamer en fin de premier set ! J’étais franc fou pour lui, comme s’il avait voulu faire le Vaudois de base. Bref, pas grand-chose à dire sur cette finale moyenne, mis à part que les juges de ligne étaient complètement à la rue, que le réalisateur nous a offert exclusivement, mais alors exclusivement des plans de merde, que le soleil semblait gêner autant les spectateurs que les joueurs, et qu'au final l'ambiance fut complètement absente dans ce stade rempli aux trois quarts par des indigènes venus pour manger une glace en tongs et en shorts... 

Des bons Ricains comme on les aime, nourris à la junk food et aux boissons trop sucrées, élevés à la viande aux hormones et sapés comme des clients d’un hôtel all inclusive. Même le vieux pote d’Ernesto, j’ai nommé Larry Ellison, était déguisé en Américain moyen dans sa tribune. Bref, hormis deux-trois bimbos retapées sur le comptoir de quelques vieux chirurgiens esthétiques de la côte ouest, ça sentait bon l’Amérique profonde, autant intéressée au tennis que je le suis au baseball. Sur place c’était peut-être autre chose, mais derrière ma télé avec les commentaires de la RTS en cabine, ça ne donnait que peu de rêve, pour ne pas dire aucun...

Tant pis pour les émotions et le spectacle, on gardera de cette dizaine californienne que le Maître a réalisé le doublé Open d'Australie – Indian Wells pour la première fois depuis 2006 (!), qu'il remonte à la 6ème place mondiale, qu'il creuse l'écart à la Race, qu'il devient le plus vieux vainqueur d'un Masters 1000 et qu'il paraît incroyablement affûté. Autant dire que sans Djokobite et Murray, partis soigner leur coude et leur dépression en Europe, le tournoi de Miami nous offre des perspectives alléchantes, avec un Stan qui aura l'honneur d'être tête de série numéro 1, énorme gamin !

D'aucuns s'enflamment même de voir le Maître de retour sur le trône en fin d'année, je leur répondrai de se calmer la moindre et d'attendre la saison sur terre battue. Si Federer est capable de traverser cette période de deux mois avec quelques bons résultats, alors là oui, on pourra se mettre à rêver au plus grand come-back de l'histoire, tous sports confondus ! D'ici là, puisse ce conte de fée se prolonger à Miami avec, on l'espère, deux Suisses de nouveau au taquet, on y croit !

19.3.17

Le conte de fée se prolonge…

Eh bien les amis, on n’a pas fini de s’extasier en cette année de grâce : Indian Wells est rouge et blanc, mange des Läckerli et boit du Chasselas ! Après la demi-finale 100% suisse de Melbourne et le triomphe phénoménal de notre Rodgeur national, les deux légendes du tennis helvétique ont de nouveau rendez-vous pour un moment historique. Pour la deuxième fois après Monte-Carlo en 2014, les hommes aux 21 titres du Grand Chelem croiseront donc le fer dans une finale de Masters 1000 et nous offriront un dimanche soir de rêve, bière à la main et pieds en éventail. Quel que soit le résultat, on aura la banane !

Comme à Melbourne, les Suisses ont bénéficié d’un parcours bien moins compliqué que prévu. Mis à part les retrouvailles face à Rafael Nadal, lequel a pris une rouste que n’aurait pas renié le PSG au Nou Camp, Federer a évité coup sur coup Djokovic et Nishikori, sortis à la surprise générale. Un quart gagné par forfait et une demi-finale «cadeau» face à un Jack Sock aussi solide qu’un club de hockey romand en play-offs. Comme à l'entraînement pour le Maître !

De son côté, Stan The Man a eu comme principal adversaire l’Autrichien Dominic Thiem en quart et a hérité d’un certain Pablo Carreno-Busta en demi-finale (tu connais ? moi pas !) en lieu et place d’Andy Murray, numéro 1 mondial en difficultés et d’ores et déjà forfait pour Key Biscayne. Autant dire que le Vaudois n’a pas laissé passer l’occasion d’atteindre une quatrième finale de Masters 1000, la première sur dur.

Cette année pleine de (magnifiques) surprises se poursuit et il est désormais évident que les deux immenses dominateurs du circuit paient au prix fort leurs dernières saisons de malade. Comble de tout ça, les numéros 1 et 2 mondiaux souffrent du même mal, une blessure au coude, et pourraient ainsi offrir la tête de série numéro 1 à Stanimal au Masters 1000 de Miami, ce qui serait là aussi une première dans sa carrière.

Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes pour le tennis helvétique, merci pour lui. Plus que jamais, qu’on profite de ces moments uniques et qu’on n’oublie pas de se dire que tout ceci est complètement exceptionnel, irrationnel et improbable pour un petit pays comme le nôtre. Que le meilleur gagne et que l'hymne suisse résonne haut et fort dans le désert californien !!

13.2.17

Dans ta (grande) gueule, Yannick Noah

Cher Yannick, tu as été un très bon joueur et un show-man exceptionnel. Tu es le dernier Français vainqueur d’un tournoi du Grand Chelem, et le resteras certainement de notre vivant. Tu as aussi été un capitaine hors norme, avec trois sacres à la clé, en particulier le mythique (oui oui, il était mythique) triomphe des Bleus contre les Etats-Unis en 1991. Je n’évoquerai pas ta carrière «musicale» ni tes penchants politiques, on est ici pour parler de tennis (sache quand même que je n’aime ni le chanteur ni le gaucho opportuniste que tu es).

Bref, je t’aimais bien Yannick. Mais voilà, depuis ton retour sur le banc de capitaine, tu étales au grand jour trois des nombreuses tares du tennis français : échecs, frustration et connerie. Echec l’année passée avec l’équipe masculine, échec ce week-end avec l’équipe de Fed Cup. Le constat est implacable, tu n’es plus magique Yannick : tes mots ne font plus mouche, tu n’es plus capable de transcender tes troupes, tes lunettes t’ont rendu arrogant, tu es devenu un aigri, un has-been, un loser. Et qui dit défaite dit frustration…

C’est ainsi que tu n’as pas hésité à attaquer les deux légendes du tennis helvétique cette semaine. «Je regrette que Roger et Stan, entre autres, ne jouent plus la Coupe Davis, c’est égoïste», «franchement, ça aurait été beau que la Suisse ait cinq Saladiers d’Argent à son palmarès...». Voici quelques inepties que tu as balancé cette semaine alors qu’il aurait été tellement plus simple de te taire. Quand on est con…

Bien sûr, j’adore la Coupe Davis et suis d’accord que les grands joueurs doivent la disputer. Mais bon, à partir du moment où ils l’ont gagné comme Federer, Nadal, Djokovic, Murray ou autre Wawrinka, on ne peut plus les critiquer parce qu’ils mettent la priorité sur leur carrière solo, sachant tous les efforts qu’ils ont consenti pour ramener ce Saladier au pays. Ce qui fait l’histoire du tennis, ce qui reste sur le CV à la retraite, ce sont les titres en Majeur. Et personne en Suisse n’échangerait nos 21 titres en Grand Chelem contre 3 ou 4 Coupes Davis de plus… Et je suis sûr que ce serait pareil en France ! Sauf qu’en France, vous n'avez pas ce genre de «problèmes»… Chez vous, c’est plutôt : «tu préfères une défaite en demi-finale de la Coupe Davis ou en quart de finale de Grand Chelem ?» Quand on est pauvre

Quant à tes piques sur Martina Hingis, cher Yannick, elles furent aussi basses et déplacées que le forfait de ton fils Joakim à l’Euro de basket. Comme quoi, tes grandes théories, tu peux déjà les faire dans ton salon. Voilà Yannick, le chantre des patriotes, le roi des démagogues, le Calimero de la petite balle jaune, tu as été très médiocre cette semaine et à défaut de bananes, je te file une bonne paire de claques ! Comme celle que ton équipe a ramassée ce week-end. Bref, merci Timea, Belinda et Martina pour cette superbe victoire. Bravo au public d’avoir copieusement sifflé cet âne de Noah. Battre la France et clouer le bec à celui qui n’a plus rien gagné ni sorti de tube depuis près de 25 ans, c’est fait et bien fait, big up les filles et Cap'tain Günthardt !

30.1.17

La plus belle, la plus mythique, la plus TOUT !!!!!

La plus belle victoire, la plus mythique, la plus magique, la plus légendaire, la plus mémorable, la plus exceptionnelle, la plus bandante, la plus folle, la plus renversante, la plus inattendue, bref, la plus TOUT !!!!! Oui, c'est sa plus belle victoire à notre Rodgeur national, à notre Dieu national, et il n'y a pas de mots assez puissants pour lui dire à quel point on l'aime, on l'admire et on le vénère. Ce qu'il a réalisé durant ces deux semaines en Australie dépasse l'entendement, et ce succès en 5 sets face à Rafael Nadal restera comme LE chef d'oeuvre de sa carrière. Une oeuvre d'art qu'on pourrait regarder en boucle pour des siècles et des siècles. Amen. Que ce dimanche 29 janvier 2017 devienne un jour férié dans tout le pays, la Saint Roger, et qu'on la célèbre chaque année à grands coups de Jägi, de champagne et d'accolades !!!

Le cinquième set est d'ailleurs le plus dingue de toute sa vie, un truc de fou que seul Roger Federer peut réaliser. Mené 3-1 par un taureau de Manacor en transe, le Maître a trouvé les ressources pour revenir de l'enfer et inscrire... 5 jeux de suite et conclure cette finale sur un dernier coup droit sur la ligne, créant une hystérie dans le stade et dans toute la nation, tel un orgasme planétaire. Une chose est sûre, Rodgeur est allé le chercher avec ses tripes ce 18ème, ne cessant d'agresser la Momie dans cette dernière manche d'anthologie. Tout était en place dans son jeu : ses retours, son revers complètement retrouvé, son coup droit en feu, un service solide et un mental à toute épreuve. Putain comme c'était bon, putain comme on était tarés, heureux, ivres de joie et ivres tout court !!! 18 Grands Chelems les amis, 18 GRANDS CHELEMS !!!!!!!! Oui : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17...... 18 !!!!!!!!!!!!!!!!!!  

A 35 ans et après une pause de 6 mois, dont 2 sans toucher une raquette (!), après n'avoir pas gagné un Majeur depuis juillet 2012 et traversé une année 2016 sans le moindre titre, le Bâlois rafle enfin cette 18ème couronne en Grand Chelem, celle qui semblait ne jamais vouloir s'offrir à lui. Il laisse sa bête noire à 14 et devient le seul tennisman sur terre à posséder au moins cinq sacres dans trois Majeurs différents. Des chiffres qui donnent le vertige et qui propulsent le Maître dans une galaxie encore plus lointaine, là où seuls les Dieux le regardent dans les yeux. 

Cette finale de tous les superlatifs, de tous les fantasmes, de toutes les angoisses aussi (comme je me chiais dessus au début du cinquième...), a donc parfaitement répondu à nos plus folles espérances. On espérait un match de titans, on l'a eu et on ne peut que remercier ces deux immenses champions, lesquels ont encore prouvé à la planète tennis pourquoi ils n'ont pas d'égal dans ce sport. Andy Murray et Novak Djokovic ont dû mesurer le fossé qui les sépare de ces deux légendes, plus populaires et adulées que jamais. Federer et Nadal, deux monuments qui laisseront une trace indélébile dans leur sport, et qu'on veut voir jouer le plus longtemps possible. Le tennis a besoin d'eux. Rodgeur et Rafa sont éternels ! 

Ne reste désormais plus qu'à s'incliner bien bas devant la classe, le talent et le brio de Monsieur Roger Federer, ce magicien sublime qui n'a jamais semblé aussi heureux de pratiquer son sport. Je ne sais pas comment exprimer le bonheur qu'il nous apporte, ni comment le remercier pour tous ces moments d'extase et de plénitude. Je suis sans voix, sans mots, comme sonné après un combat de boxe. Car c'en fut un sur cette Rod Laver Arena. Merci Rodgeur de nous avoir fait pleurer. D'avoir fait lever la Suisse toute entière un dimanche matin, gueule de bois ou pas. D'être la plus grande légende du sport encore en activité. D'être capable, depuis bientôt 18 ans de carrière, de toujours nous surprendre. Et surtout, surtout, ne lâche rien et continue de nous faire rêver ! Pourquoi s'arrêter à 18, en somme ?!?



MESSAGE DES AUTEURS DU VRAI-FAUX BLOG :
On est d'accord avec vous : la première version de ce post n'était pas à la hauteur de l'événement et de l'exploit. Le texte a été depuis quelque peu "repimpé". On s'en excuse mais entre la fatigue et les émotions, on avait pas les idées très claires lundi matin...

Merci à tous pour votre passion et vos commentaires durant cet Open d'Australie absolument magique, et au plaisir de vous retrouver ici pour de nouvelles aventures !

26.1.17

Comme dans un rêve !!!


Oui, comme dans un rêve !! Un putain de beau rêve !!!! On le savait, il nous l'a encore confirmé aujourd'hui : rien n'est impossible avec Roger Federer, le plus grand joueur de tous les temps, le Maître du circuit, la rock-star de Melbourne, le Dieu du tennis. Non, rien n'est impossible, y compris d'atteindre la finale d'un tournoi du Grand Chelem après une absence de 6 mois en étant classé tête de série numéro 17. Rien n'est impossible, ou plutôt tout, mais absolument TOUT est possible avec ce faiseur de miracles, ce magicien des courts, ce Mozart de la petite balle jaune. Merci Rodgeur d'exister, merci de repousser les limites de l'irrationnel, merci de réinventer – match après match, année après année – le tennis. Roger Federer ne joue pas au tennis, Roger Federer EST le tennis.

Après Berdych et Nishikori, le Bâlois a donc battu un troisième Top Ten en cette quinzaine de grâce, et non des moindres, son ami et compagnon d'exploits Stan Wawrinka. Au terme d'un derby suisse haut en couleurs (dont un immonde t-shirt rose de Mirka...), en rebondissements et en émotions, notre Rodgeur national s'offre une 28ème finale de Majeur à... 35 ans et 174 jours, du jamais vu depuis 1974. Et je peux encore ressortir l'adjectif de cette quinzaine : IN – CRO – YABLE !

Que dire sur ce derby helvétique ? Tout d'abord qu'il est le premier à être allé jusqu'au cinquième set, qu'il a été interrompu par deux pauses médicales, ce qui très rare avec la paire Fedrinka, qu'il a été clairement à deux vitesses et qu'il aurait très bien pu tourner en faveur de Stan The Man. Un Stan Wawrinka qu'on ne félicitera jamais assez pour son fair-play, sa classe et son talent. Bravo mon gamin, on t'aime très fort même si aujourd'hui, on n'avait d'yeux que pour Dieu.  

Un Stan qui pourra avoir des regrets... Et comment : dans un cinquième set irrespirable, le Vaudois a eu plusieurs occasions de faire le break, mais son aîné – très fort mentalement – n'a pas craqué. Au final, le gamin a presque offert sur un plateau le break et le match au Rhénan, lequel a eu le mérite d'avoir le triomphe modeste, comme s'il était gêné pour son pote. Ce ne fut pas le meilleur match du Rodg (ni de Stan...) mais l'essentiel est là et bien là : il sera dimanche sur le court pour tenter d'accrocher un 18ème titre majeur à son immense collection. Pincez-moi, je rêve !

Bref, ce tournoi est décidément magique et on se réjouit désormais, que dis-je, on compte désormais les secondes avant LA finale de dimanche. La finale de tous les superlatifs, surtout si c'est un certain Rafael Nadal en face. Ce serait une sorte de finale vintage entre les deux plus grands champions de l'ère moderne, une sorte de "on s'était dit rendez-vous dans 10 ans", un revival complètement improbable, un peu comme si le Lausanne-Sport et le Servette FC se disputaient aujourd'hui le titre de champion suisse. Une sorte de revanche, aussi, après la domination écrasante du binôme Djokovic Murray.  

Evidemment, personne en Suisse ne pleurera si Grigor Dimitrov crée la surprise demain soir et s'offre une première finale de Grand Chelem. Pas besoin d'être un devin pour prédire qu'entre Nadal et Dimitrov, on signe les yeux fermés pour le Bulgare, même si ce dernier joue le tennis de sa vie depuis le début de l'année. Mais bon, on n'y est pas encore et pour le moment, il convient de saluer le phénoménal come-back du Maître absolu, qui a rendez-vous avec la grande Histoire du tennis dimanche 29 janvier. Et qui pourrait bien nous faire pleurer de joie. Putain, on le veut ce 18ème, maintenant ou jamais !!!

24.1.17

Melbourne est rouge et blanc !!!

Putain, qu'il est magique cet Open d'Australie 2017 ! Magique, incroyable, surprenant, rafraîchissant, jouissif et d'ores et déjà historique... Historique car pour la deuxième fois après l'US Open 2015, deux tennismen suisses croiseront le fer en demi-finale d'un Grand Chelem, ce qui nous assure la présence d'un de nos compatriotes en finale. Oui, c'est historique pour un petit pays comme le nôtre et il faut se rendre compte de la chance qu'on a. Surtout quand on pense à des grands pays de tennis comme les Etats-Unis, l'Australie, l'Allemagne ou encore la Suède qui n'ont strictement rien à se mettre sous la dent depuis près de 10 ans... 

Sans parler de nos amis français, lesquels ont cru un moment aux chances de Monfils et Tsonga, les rois des non-matchs, les ambassadeurs des exploits ratés, deux des plus belles impostures de cette édition 2017. Ainsi donc, après la prestation grotesque de Monfils face à Nadal, le Kinder Bueno du Mans est passé complètement au travers face à Stanimal, alternant le moyen et le très mauvais, et réussissant même à créer une altercation aussi inutile que pathétique à la fin du premier set... «Hey bouffon, tu m'as regardé mec, tu cherches la merde ou quoi ? Dans ma téci ça serait pas passé comme ça quoi !» Allez Jo-Wil, retourne dans ta cour d'école et va rejoindre tes potes pour le premier tour de la Coupe Davis, et laisse les adultes jouer une demi-finale de Grand Chelem, merci. 

Bref, alors que le tennis helvétique a montré son plus beau visage et donné du rêve aux amoureux de la petite balle jaune, son vis-à-vis tricolore a touché le fond en cette quinzaine australienne. Et à cette triste liste de joueurs français n'ayant rien montré à Melbourne, sinon frustration et impuissance, on peut encore ajouter Simon, Gasquet ou autre Pouille...

Stan The Man ne s'est donc pas fait prier pour renvoyer son meilleur ennemi à ses études, en trois petits sets et deux heures de jeu, et continue tranquillement sa route jusqu'en demi. Cette demi-finale justement, on en rêvait, on l'aura : le choc Stan Wawrinka – Roger Federer, encore impensable il y a deux semaines, se déroulera bien devant nos yeux et ceux de millions de fans de tennis dans 48 heures. Franchement les mecs, c'est fabuleux, génial, immense, rare, précieux, unique, en un mot comme en mille, fedrinkien !

Comme espéré ou tout du moins pressenti, le Maître a déroulé face au tombeur de Murray et arrivera, lui aussi, frais comme une rose en demi. Au passage on n'oubliera pas de remercier Mischa Zverev, lequel a quand même offert un merveilleux cadeau au Bâlois en sortant le Frankenstein des Highlands au tour précédent. Après 6 mois d'absence, le Bâlois atteint donc le dernier carré d'un Majeur pour la... 41ème fois de sa carrière (!), le tout en ayant proposé un tennis de gala. Programmé 4 fois sur 5 en night session, Rodg est une véritable rock-star dans ce tournoi et jouit d'une popularité quasi divine. Comme on dit, legends never die. 

Bref, vivement jeudi pour ce derby helvétique aux 20 tournois du Grand Chelem ! On espère que les champions olympiques de Pékin et vainqueurs de la Coupe Davis nous offriront un grand spectacle, à l'image de leur demi-finale du Masters 2014. Enfin, sans les «cry baby» de Mirka et le cirque d'après match bien sûr... Hop Suisse, et que le meilleur gagne !