20.1.19

Anderson, Millman, Tsitsipas : copier / coller

 
J’aurais pu utiliser le même titre qu’en septembre dernier après le traumatisme new-yorkais : Rodgeur n’est plus un tueur. Comme face à Anderson à Wimbledon et Millman à l'US Open, le Maître n’a su tuer ce match quand il en avait les occasions et laisse filer une rencontre qui était largement à sa portée. Les regrets sont immenses, surtout quand on pense à ce deuxième set où le Bâlois a galvaudé huit (!) balles de break, dont quatre sur des balles de set. A en devenir fou, à vouloir balancer sa télé par le balcon et à dégueuler ton houmous de la veille.

La suite, on la connaît, on la sentait d’ailleurs en voyant Rodgeur afficher sa tête des mauvais jours à partir du tie-break de la deuxième manche. Sa tête des mauvais jours qu’on déteste et qui symbolise parfaitement son état d’esprit quand il est dans un jour sans : frustration, impuissance, énervement. Il y avait un peu de tout ça cette nuit sur la Rod Laver Arena. Frustration de ne convertir aucune de ses douze balles de break, impuissance face aux coups de canon du Grec, énervement contre son jeu et surtout contre son coup droit, lequel l'a complètement trahi (40 erreurs directes, 40 !) en ce dimanche de triste facture.

Résultat des courses, on est comme des supporters de Guingamp aujourd’hui : le cul tout rouge après avoir pris une méchante fessée. Cet Open d’Australie est déjà fini pour les Suisses et la deuxième semaine n’a même pas encore commencé... Sors de ce corps, tennis français. Pourtant, autant Stan que Rodg semblaient affûtés, frais, motivés, capables d’aller loin dans ce tournoi. Ils prennent la porte dans des circonstances quasiment identiques, en ayant mal négocié deux-trois points et en étant tombé sur des os. A un jeu et quelques minutes près, leurs défaites sont des soeurs jumelles. Quelles salopes.

Reste à saluer la magnifique prestation de Stefanos Tsitsipas, l’un des joueurs les plus prometteurs de cette fameuse Next Gen. Le grand pin de Athènes signe le plus beau succès de sa carrière et n’a rien volé aujourd’hui. «Je suis l’homme le plus heureux sur terre» a-t-il dit au micro de John McEnroe. Qu’il en profite et qu’il ne lâche rien. Et s’il peut continuer comme ça et battre deux Espagnols coup sur coup, ben je te promets d’écrire un post en grec ancien et de prendre une cuite à l’Ouzo !

Bref, putain de dimanche de merde. Tout ce qu'il nous reste pour vibrer un peu en allumant la télé est d’espérer que Nadal ne gagne pas son 18ème Majeur et, accessoirement, espérer une autre finale qu’un énième Djokovic - Nadal. Perso, je signe les yeux fermés pour un Zverev - Tsitsipas, voire même un Coric - Bautista Agut. Je prends même un Pouille - Tiafoe avec plaisir. Désolé les mecs, je ne suis pas drôle aujourd'hui, ça fait quand même mal de se faire prendre par un Grec. À sec, par derrière et par surprise.

15.1.19

Putain Andy, tu vas quand même nous manquer

Non, ce n'est pas le joueur le plus élégant, ni le plus romantique. Ce n'est pas non plus le mec le plus sympathique ni le plus souriant, et sa tronche d'éternel grincheux nous a souvent agacé. Comme sa mère Judy, celle qu'on aurait bien empoisonné à coups de somnifères, le sosie de Frankenstein est une vraie tête à claques. Son jeu est insipide, manque de folie et ses nombreuses défaites face à Djokobite nous ont parfois rendu fous, notamment en finale de l'Open d'Australie où l'Ecossais a perdu un record de cinq finales (!), dont quatre face au sosie de Joe Dalton. Bref, on aimait le détester et l'insulter, comme lors de ce huitième de finale stratosphérique à Wimbledon contre notre Stan national en 2009. Mais putain, il va quand même nous manquer, ce con.

Oui, il va nous manquer et il va manquer au monde du tennis, tout simplement. Parce que, derrière tous ses défauts, se cachaient un homme au grand coeur, un combattant hors norme et un beau champion. Un hargneux, un gueulard qui aura réussi quelques coups d'éclat et dont le bilan force le respect avec trois titres en Grand Chelem (pour huit finales perdues...), quatorze Masters 1000, une Coupe Davis, un Masters, deux médailles d'or aux Jeux Olympiques et une place de numéro 1 mondial qu'il paie aujourd'hui au prix fort. Bien sûr, son palmarès aurait pu être autrement plus impressionnant si sa carrière n'avait pas croisé celle de Federer, Nadal et Djokovic au faîte de leur gloire. Mais bon, cette théorie à deux balles est également valable pour ces trois-là. Et comme on dit, avec des «si» je serais un vegan de gauche, prof de yoga et membre de l'église évangélique de Plainpalais.

Ainsi donc, celui qui a ressuscité le tennis britannique et fut le digne successeur de Fred Perry a annoncé sa retraite cette semaine, lors d'une conférence de presse bouleversante. S'en est suivi son dernier match sur le circuit face à Bautista Agut où l'ex-protégé d'Ivan Lendl, fidèle à lui-même, a livré un combat homérique, se battant comme un dératé pour gratter quelques jeux, quelques minutes d'adrénaline supplémentaires sur le court et ne lâchant prise qu'au cinquième set, sous les vivats d'un public complètement acquis à sa cause lui ayant réservé un accueil triomphal, sans parler de l'hystérie collective qui a régné dans le stade après sa victoire dans les troisième et quatrième sets. C'était beau, fort, émouvant, puissant. Cette dernière avait de la gueule, et ça fait quand même vraiment chier de l'écrire. Une dernière qui aurait clairement mérité les honneurs et les projecteurs de la Rod Laver Arena, mais il ne faut pas demander aux Australiens de trop réfléchir.

Reste une toute petite chance de le revoir encore à Wimbledon cet été, pour un ultime tour de piste et un hommage à la hauteur de sa carrière, sur le Central cette fois, car les Anglais, eux, sauront mettre leur cerveau sur «on». On espère sincèrement le retrouver sur le gazon du All England Club en juin et, si ce n'est pas le cas, si sa hanche ne tient pas le coup, eh bien au revoir et merci Andy. Sans toi, il n'y aurait jamais eu de Big Four, jamais eu 15'000 personnes pour un match de Coupe Davis
à Glasgow, jamais eu autant de larmes – de joie ou de tristesse – à Church Road. Sans toi, Wimbledon serait resté une citadelle imprenable et une immense frustration pour toute une nation, à l'image de Roland Garros pour les Français. Sans toi, ta mère serait restée une conne. Grâce à toi, elle est devenue une conne célèbre. 

Tu as moins de talent et de charisme que Federer ou Nadal, mais une volonté et un mental à toute épreuve. Tu as 31 ans aujourd'hui et tu prends déjà ta retraite. Putain de hanche en carton, putain de destin. Allez Andy, la bière aura peut-être meilleur goût désormais, et tu pourras surtout en boire sans te soucier du lendemain. Je lève la mienne à ta santé, à ta carrière et à la suite de ta vie, vieux grincheux !

7.1.19

Premiers frissons de 2019

Un samedi quelconque de janvier, en training dans mon appart, les stores baissés, le cendrier plein, le frigo vide, beau vaseux de la veille, cinq cafés et trois clopes dans le gosier, un bon vieux commentaire de Pierre-Alain Dupuis depuis sa cabine à Genève : le tableau ne faisait pas rêver, et pourtant j’ai fini debout dans mon salon, le poing brandi après la balle de match remportée par les Benderer ! On appelle ça la magie du sport, la passion du tennis, l’amour de Roger Federer.

Eh oui, comme toi peut-être, j’ai vibré pour cette Hopman Cup (enfin, n’exagérons quand même pas), j’ai vibré pour la finale de cette Hopman Cup et, surtout, pour ces deux derniers points. Cette balle de match sauvée par le Maitre avant ce «deciding point» complètement fou, où Belinda et Rodgeur se sont mués en muraille derrière le filet. Ça reste un tournoi exhibition où certains joueurs semblent prolonger leurs vacances, mais c’était beau de voir cette gamine de 21 ans sauter dans les bras du plus grand joueur de tous les temps. Un bonheur simple et sincère, comme lorsqu'un agriculteur de Picardie nous raconte sa love story dans L'Amour est dans le pré un lundi soir sur M6.

L’année commence donc parfaitement bien pour le tennis helvétique en général et pour notre Rodgeur national en particulier. Le Bâlois a paru très en jambes à Perth, gagnant tous ses matches avec autorité et panache, notamment celui face à Alexander Zverev en finale. De bon augure pour cet Open d’Australie où le double tenant du titre sera évidemment très attendu. Autant le dire tout de suite, signer le triplé serait un immense exploit et une assez grosse surprise. Comme en 2018, il faudra un alignement des étoiles quasi parfait : un tirage au sort abordable, des matchs en night-session et quelques couacs chez les favoris. Enfin, chez Popeye et Djokobite surtout.

De son côté, Wawrinka semble attaquer cette saison 2019 avec plus de certitudes qu'en 2018, ce qui n'est pas difficile. Le Vaudois a passé deux tours à Doha avant de craquer contre le futur vainqueur. C'est désormais à l'Open d'Australie, où Stanislas est devenu Stan The Man un dimanche de grâce de janvier 2014, qu'on espère le revoir retrouver les sommets et tutoyer les étoiles. Il faudra bien sûr compter sur un coup de pouce du destin puisque l'homme aux trois tournois du Grand Chelem ne sera pas classé tête de série. Et au pire, s'il chope Djokovic au premier tour, soyons assez fous pour croire à l'exploit !

Enfin, un dernier paragraphe pour répondre à la question de Thierry Fangio dans les commentaires, pas grand-chose à dire sur la phrase de Rodgeur qui a fait frémir la planète tennis. Voilà les amis, le jour tant redouté où le Maître va annoncer sa retraire va bien finir par arriver. Perso, je le vois encore jouer jusqu'en... 2021, l'année de ses 40 ans. Après, tout dépendra de sa condition physique... Mais s'il est encore frais dans sa tête et dans son corps, il pourrait bien nous offrir une ou deux saisons de bonus après ses 40 piges. Il en est capable et, le connaissant, je suis sûr qu'il en a envie. Chiche !

25.11.18

La revanche des Croates

Bien malheureusement, la dernière finale de la grande histoire de la Coupe Davis (#fuckpiqué) n'a pas tenu ses promesses. La faute à des Croates trop forts ou des Français trop faibles, c'est selon. J'opterais plutôt pour la deuxième option tant les Bleus ont fait peine à voir ce week-end. L'équipe de double mise à part, les trois joueurs de simple ont alterné impuissance, tristesse et maladresse. Une belle bande de Gérard Piqué. Une statistique suffit à symboliser ce désastre : Chardy, Tsonga et Pouille ont été incapables de signer le moindre break durant tout le week-end. Pire, le soi-disant leader de cette équipe, Lucas Pouille, ne s'est pas procuré la moindre balle de break face au numéro 7 mondial. Facile, trop facile pour des Croates qui prennent ainsi leur revanche de la Coupe du Monde et qui soulèvent leur deuxième, pardon, leur second Saladier d'Argent.

Après leur victoire de 2017 grâce à un tableau décimé et l'éternelle chatte à Noah, les Bleus ont endossé leur costume habituel, celui de losers. Cette lourde défaite est aussi la confirmation que le tennis tricolore traverse une période ô combien compliquée. Aucun joueur dans le Top 20, une relève plus que jamais absente et des performances en Grand Chelem pathétiques, lesquelles valent mieux qu'un long discours : aucun quart de finale au compteur en 2018 et un seul en 2017, le pauvre Tsonga en Australie... Lucas Pouille, celui que certains annonçaient comme la locomotive du tennis français, pointe à une misérable 32ème place et, à le voir se faire promener sur le court par Marin Cilic ce dimanche, il ne devrait guère progresser.

Le son de cloche est évidemment tout autre du côté de la Croatie, ce grand pays de tennis et de sport en général. Avec un leader comme Cilic et un espoir comme Coric, dignes successeurs de Ivan Ljubicic et
Mario Ancic, titrés en 2005 contre la Slovaquie, le tennis croate est en pleine bourre et constitue un magnifique vainqueur de cette feu Coupe Davis. Une compétition qui aurait mérité un autre scénario pour sa 107ème et dernière édition (#fuckpiqué) et, surtout, une opposition plus féroce que celle proposée par les Pieds Nickelés de Yannick Noah. Des Français qui, à défaut d'être bons sur le court, auront au moins eu le mérite d'avoir su tacler la nouvelle formule de la compétition avec rage et rancœur, Mahut et Noah en tête. Bien joué les mecs.

Voilà les amis, l'heure est grave et la douce euphorie de dimanche dernier est bel et bien retombée. La Coupe Davis est morte, le rideau est tombé, les larmes peuvent couler et le deuil commencer... On ne revivra plus jamais un week-end comme celui-là. Plus jamais. Ce format était magique ; ce format a été crucifié sur l'autel du roi dollar. Ne reste plus qu'à espérer que Gérard Piqué et son équipe de Serge se foirent complètement en 2019. Que les meilleurs joueurs du monde snobent leur coupe du monde et qu'on en parle le moins possible. Ne compte évidemment pas sur moi pour regarder ou commenter ce doigt d'honneur au tennis, cette merde sans nom, cette ignominie orchestrée par le plus gros connard du sport moderne. Je ne leur souhaite que du malheur. #FUCKPIQUÉ 

19.11.18

Zuperbe Zverev !

 
Qui l'eût cru ? Le jeune Alexander Zverev, 21 ans et trois poils au menton, est allé chercher le plus beau titre de sa carrière en s'adjugeant le mythique Masters, le tout après avoir battu Federer en demi et l'ogre Djokovic en finale, avec la manière et à chaque fois en deux sets, s'il vous plaît ! Du très très grand art et une gigantesque surprise. A l'image de l'équipe de Suisse contre la Belgique (quel match et quelle claque pour ces arrogants Diables rouges !), l'Allemand est sorti de nulle part ce week-end, d'autant plus qu'il avait pris un cinglant 6-4 6-1 contre ce même Djokobite en phase de poule. Bref, c'est fou, c'est Seferovic, c'est Zverev et putain que ça fait du bien !

Comme l'ont relevé certains lecteurs, ce résultat ne permet donc pas au coton-tige d'égaler le record de Rodgeur dans le tournoi des Maîtres et, ça aussi, ça fait très plaisir. Ne soyons toutefois pas dupes, il y arrivera certainement un jour, mais ça attendra encore une année, voire un peu plus. Ainsi donc, un vent de fraîcheur a soufflé sur le circuit ATP en cette fin de saison, avec non seulement le triomphe de Zverev à Londres mais aussi celui de Karen Khachanov au Masters 1000 de Paris-Bercy. Deux immenses sensations et deux dimanches où le frère jumeau de Thibaut Courtois a paru émoussé, dépassé, impuissant. Comme la Belgique hier soir ! Désolé d'en remettre une couche, mais perso, je ne la supporte pas cette équipe du Plat Pays. Ces mecs se prennent pour les ré-inventeurs du football, pour les Brésiliens de l'Europe, pour la nation hype du ballon rond. Et leur réaction d'enfants gâtés après leur défaite contre la France en Coupe du Monde, genre «le football a perdu ce soir», était aussi pathétique que déplacée.

Bref, il y a des dimanches qui redonnent le sourire et qui foutent la gaule, celui du 18 novembre 2018 en fait clairement partie. Le prodige allemand devra bien sûr confirmer et si possible éviter d'imiter un certain Grigor Dimitrov, titré au Masters de 2017 et qui n'a fait que de la merde depuis ce sacre. On peut compter sur Ivan Lendl, le nouvel entraîneur du grand pin de Hambourg, pour lui faire bouffer de la poussière et l'obliger à garder les pieds sur terre. Bon, quand tu commences tes journées par un entraînement avec Ivan Lendl à 8 heures du mat', pas sûr que tu te prennes pour le roi de la night à Ibiza...


C'est désormais en Grand Chelem que celui qui a soulevé plus de titres en Masters 1000 que de gonzesses devra confirmer. Rappelons juste qu'en 2018, l'Allemand a été battu trois fois au troisième tour en Majeur, soit par Chung à Melbourne, Gulbis à Wimbledon et Kohlschreiber à l'US Open... Dans ce tableau peu glorieux, on peut encore ajouter une raclée 6-4 6-2 6-1 en quart de finale de Roland Garros contre Thiem. Bref, pas besoin de s'appeler Dieu le Père ou Eden Hazard pour comprendre que le petit frère de Mischa doit progresser mentalement et physiquement. Le reste, il l'a. Et plutôt mille fois qu'une.

Voilà les amis, cette saison 2018 est presque terminée. Il reste encore une dernière finale de la légendaire Coupe Davis à déguster, entre les Français et les Croates, dont je ne raterai pas une miette. Que le meilleur gagne et, surtout, que les protagonistes n'oublient pas de chier sur Gérard Piqué durant tout le week-end ! Je propose même de lancer un hashtag #fuckpiqué à partir de vendredi. Chiche !

28.10.18

Federer, puissance 9 et 99 !

Mister 999 !!! Voilà encore quelques chiffres qui donnent le vertige et qui renforcent la légende du plus grand tennisman de tous les temps. Roger Federer, du haut de ses 37 automnes, a donc remporté son neuvième tournoi de Bâle et son nonante-neuvième titre sur le circuit ATP. Et, comme toujours dans son jardin rhénan, les émotions furent belles, les images poignantes et les larmes ont coulé. Sans parler du discours d'après-match où le Maître a rendu hommage à ses fans de Suisse romande et m'a même fait une superbe dédicace. Merci Rodgeur, t'es vraiment le meilleur, j'étais beau content dans ma cabine !

Avec cette neuvième couronne à Bâle, Federer égale son record de Halle et n'est donc plus qu'à une unité du chiffre mythique de 100 tournois. Ce serait évidemment magique qu'il gagne son centième titre cette année encore, au Masters de Londres par exemple, histoire de conclure une année 2018 qu'il avait parfaitement entamé et qu'il a royalement foiré entre juillet et septembre, en Grand Chelem surtout. Avec une finale contre Nadal ou Djokovic, afin que cette centième couronne ait vraiment de la gueule et parce que sa légende le mériterait.

Mais bon, ne soyons pas trop gourmands et restons surtout réalistes : il ne retrouvera évidemment pas à Londres le même boulevard que sur les bords du Rhin, sachant que le joueur le mieux classé à avoir croisé sa route est le modeste Daniil Medvedev, 20ème mondial quand même mais sans grandes références. Malgré ce tableau aussi crédible que la défense du Real Madrid, l'homme aux vingt Majeurs a souffert et transpiré cette semaine, notamment au premier tour contre Krajinović et en quart de finale face à... Simon (si si, il a même perdu un set contre le Français). Bref, ce fut parfois poussif, rien ne fut simple, le grand Rodgeur n'est pas encore de retour mais on ne retiendra finalement que le résultat, comme toujours ! Sans manquer de remercier l'improbable Marius Copil, le sosie officiel d'Ivan Ljubičić, qui est arrivé émoussé sur le court après son exploit de la veille contre Zverev et ses six matches dans les jambes, qualifications comprises...

Voilà les amis, c'était un peu Disneyland ou le monde des bisounours dans cette Halle St-Jacques dimanche après-midi : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et tout le monde aime Roger Federer. Qui nous le rend si bien.
«Les jolies colonies de vacances. Merci maman, merci papa», chanterait Pierre Perret. Ou encore «Voici venu le temps des rires et des chants. Dans l'île aux enfants c'est tous les jours le printemps. C'est le pays joyeux des enfants heureux, des monstres gentils, oui c'est un paradis» Ne manquait plus que Rodgeur se déguise en Père Noël, joue de l'harmonica et distribue des cadeaux à tous les gamins présents dans la salle et la boucle était bouclée !

Allez, plus sérieusement, comme je l'ai dit au micro de la RTS, on va tous, mais alors tous prendre une immense baffe quand il aura décidé de ranger ses raquettes. Alors plus que jamais, profitons de ces moments uniques et à entendre le Maître en conférence de presse, il a encore faim de victoires, d'émotions et de records. Nous aussi !

18.9.18

Pour les émotions, on repassera…

J’étais parti pour écrire un post dithyrambique sur Djokobite, l’encensant pour son retour en grâce et son été stratosphérique, marqué par deux sacres en Majeur et un Masters 1000 à Cincinnati. Mais voilà, le cœur n’y est plus et les deux fans du coton-tige qui lisent ce blog me pardonneront. Aujourd’hui, plus d’une semaine après cette finale que j’ai suivi avec autant d’intérêt que la sortie du programme du Paléo, j’ai plutôt envie de regretter cette édition nullissime de l’US Open, une de plus après celle de 2017 – surnommée l’Abattoir Open – qui avait consacré l’imposteur Nadal.

Franchement, à part le magnifique Popeye – Thiem en quart de finale, les émotions ont été aussi nombreuses que les bonnes idées dans le cerveau de Gérard Piqué. Bref, on s’est fait chier et, que ce soit les demis ou la finale, les derniers matches ont tous accouché de souris, voire d’infects cafards. On attendait beaucoup du choc entre Del Potro et Djokovic, il n’a finalement jamais décollé, malgré l’excitation qui régnait dans ce court Arthur Ashe et la patate des supporters argentins, en particulier les potes de la poutre de Tandil (tcheu ces débiles !). Et ce n’est pas la finale dames, symbolisée par le comportement grotesque et honteux de Serena Williams, qui a su sauver cette édition pourrie.  

On retiendra quand même que le défenseur du siècle, au jeu aussi chiant qu’une conférence de presse de l’ASF, est bel et bien de retour, fort comme un roc et froid comme un auditeur. Oubliée l’annus horribilis 2017, le monstre Novak Djokovic a remis, l’espace d’un été, les pendules à l’heure et tout le monde d’accord, à commencer par Rodgeur et Rambo. Comme un symbole, il rejoint un certain Pete Sampras dans les livres d’histoire avec cette quatorzième couronne en Grand Chelem et, c’est une certitude, il ne va pas en rester là. Il est encore trop tôt pour savoir s’il sera en mesure d’aller chatouiller le record du Maître, mais nul doute que s’il continue sur cette lancée, il pourrait signer une grande année 2019 et retrouver rapidement sa place sur le trône.


Bref, autant dire que cette fin de saison est, pour l’instant, inversement excitante que le début d’année. Gageons que la saison indoor pourra nous offrir quelques émotions et un regain de forme du roi Rodgeur (il y a du boulot…) tandis qu’on suivra attentivement la dernière finale de la grande histoire de la Coupe Davis en novembre. Ça sera donc France – Croatie à Lille – une finale à la mode cette année – et, cette fois, je ne suis pas sûr que la chatte à Noah, qui n’a d’égal que la chatte à Dédé, suffise à faire gagner les Bleus. 

Autre affiche à la mode cette année : Suisse – Suède, avec un cinglant 3-0 pour les grands dadais aux cheveux blonds, respectivement en finale des mondiaux de hockey, en huitième de finale de la Coupe du Monde et en barrage de la Coupe Davis. T’imagines la gueule de notre année si le score avait été l’inverse ? Enfin bref, il y a des années comme ça, où tes voisins français sont champions du monde, où la Nati fête ses buts en mimant des aigles, où Federer perd en Grand Chelem contre Anderson et Millman, où l’on décide d’assassiner une compétition centenaire et où le club de mon coeur engage Alain Geiger comme entraîneur. Allez ciao, je vais aller fumer une bonne clope pour me détendre.