9.9.19

20-19

 
Oui, ça fait mal aux yeux et, sans vouloir passer pour la dernière des pédales, ça fait mal au cul. Très mal même, comme lorsque tu vois ton ex au bras d'un ancien camarade de classe que tu détestais profondément. Le constat est là et il est implacable : Rafael Nadal n'est plus qu'à un Majeur du record de Roger Federer. Si tout se passe comme prévu, il devrait égaliser au plus tard au prochain Roland Garros et nous la mettre définitivement dans le baba en 2021. Tu me diras, ça nous laisse encore quelques mois de répit mais bon, quitte à remuer une énième fois le couteau dans une plaie encore béante, qu'est-ce qu'on serait bien aujourd'hui avec un 21-19 dans la besace. Qu'on soit bien d'accord, c'est bien ce record qui va faire la différence à la fin. Certes, les puristes diront que Federer reste le plus grand de tous les temps, mais si Hulk lui colle un 23-20 en fin de carrière, ben non les mecs, le GOAT sera bel et bien l'Espagnol. Il faudra le reconnaître et s'y faire.  

Comme annoncé, le taureau des Baléares a donc remporté l'US Open pour la quatrième fois de sa carrière. Si j'avais vu juste en le voyant soulever le trophée, je n'avais pas imaginé une telle finale. Et là, il convient de saluer et féliciter l'immense – oui, j'ai bien dit immense – Daniil Medvedev. Celui que j'ai gentiment allumé dans mon dernier post m'a complètement bluffé hier soir et nul ne sait ce qu'il serait arrivé si le Russe avait concrétisé cette balle de débreak à 5-4, ou ces quatre balles de break à 1-0 au cinquième set... A ce moment-là du match, face à une Momie au bord des crampes et à l'agonie physiquement, la grande tige de Moscou semblait un brin au-dessus. Mais voilà, tel un guerrier habitué à ce genre d'événement, Popeye n'a rien lâché, a serré les dents et est allé chercher cette dix-neuvième couronne en Grand Chelem. Là, je devrais enchaîner avec un bravo, mais j'en ai pas envie, désolé les crevettes à l'ail.

Évidemment, on aurait rêvé de voir Musclor se prendre les pieds dans le tapis et d'assister à la surprise de l'année. Ça aurait été tellement beau de voir – enfin ! – un mec de cette fameuse NextGen, pardon, de cette fucking NextGen réussir ce que seuls Del Potro, Wawrinka et Murray ont réussi à faire ces quinze dernières années : battre l'un des trois ogres du tennis mondial en finale d'un tournoi du Grand Chelem. Medvedev n'était pas loin mais voilà, entre «être pas loin» et le faire, il y a un énorme pas que ces bras cassés ne sont pas prêts de franchir. Un peu comme lorsque tu ramènes une meuf chez toi et qu'au moment de conclure, elle se tire sans crier gare. Plus on avance, plus cette NextGen me fait peine à voir et m'exaspère. Ces Pieds Nickelés n'ont pas de couilles, pas de cerveau, pas de charisme, un peu de talent certes, mais ça reste une sacrée bande de losers, au milieu de laquelle trône cet âne de Zverev, incapable de passer un huitième de finale en Grand Chelem, incapable de confirmer, incapable de rien. 

Dans cette forêt de perdants, dans cet océan de nullité, il faut quand même saluer ce Russe aux dents longues et le dissocier des autres. Ce jeune plein de promesses mérite le respect et ne semble pas être fait du même bois que ces Zverev, Thiem, Tsitsipas, Khachanov, Kyrgios, Coric, bref, de tous ces inutiles qui attendront d'avoir 28 ans avant d'atteindre leur première finale de Grand Chelem, Thiem mis à part. Mené deux sets à zéro, au bord du précipice dans la troisième manche, l'homme fort de l'été a trouvé des ressources insoupçonnées pour gagner deux sets et faire de cette finale un monument, ni plus ni moins. Une finale qui sauve une édition 2019 dans l'ensemble décevante, même si le Berrettini – Monfils avait valu son pesant de cacahuètes. Mais bon, lorsque tu places un Berrettini – Monfils comme highlight d'un Grand Chelem, c'est que ça reste une édition merdique...

Voilà les gars, que nous reste-t-il pour être heureux ? Ça ne sera pas la Laver Cup, c'est sûr. Ça ne sera pas non plus la tournée asiatique, oh que non. On attendra le tournoi de Bâle et, accessoirement, le Masters de fin d'année où, peut-être, soyons fous, ne sait-on jamais, on pourra revoir un Rodgeur au top de sa forme. Je vais être sincère : cet été tennistique fut absolument dégueulasse et, après avoir pris deux baffes pareilles, j'ai juste envie de passer à autre chose. Ça tombe bien, la saison de hockey commence bientôt. Vivement qu'on parle de puck plutôt que de petite balle jaune. J'ai eu ma dose, je suis gavé, lassé, écœuré. DJOKONADAL M'A TUER. 

4.9.19

Twin Nightmares

Un double cauchemar. Voici encore un post que j'écris parce qu'il faut le faire et qui va donner autant de rêve qu'un bouquin de Yann Moix sur sa soi-disant terrible enfance. On rêvait tous d'une demi-finale 100% helvétique, on sera bon pour s'envoyer un improbable Medvedev – Dimitrov. C'est un peu comme si tu te réjouissais d'aller manger chez Chevrier avec une nympho et que tu te retrouves à bouffer un KFC avec ta belle-mère.

Si on n'oubliera jamais le 14 juillet 2019, on passera vite à autre chose concernant ce 3 septembre 2019, ce Black Tuesday où nos deux compatriotes sont passés – l'un comme l'autre – complètement à travers. Notre Stan national a parfaitement lancé cette journée désastreuse en perdant ses moyens face au jeu désarticulé de Medvedev. Un mec qui envoie des services à 210 km/h en deuxième balle, des amorties bizarres dans tous les sens, des coups droits poussés, du bétonnage en revers et de l'essuie-glace de malade, le tout couplé à une attitude de tête à claques et au charisme d'un croque-mort biélorusse. Si c'est lui le tennis de demain, ben ça sera sans moi.

Bref, face à cet étrange croisement entre Nikolay Davydenko et Pierre Richard, le gamin a semblé totalement déboussolé et sans solution. L'histoire aurait peut-être été différente si le Vaudois avait cadré ce coup droit – tout à fait à sa portée, merde ! – sur cette balle de set dans la première manche. Peut-être oui, peut-être pas. J'en sais rien. Tout ce que je sais ce matin, beau caceux et cerné derrière mon ordi, c'est que le héros de la finale de la Coupe Davis 2014 n'a jamais paru dans un grand jour, finissant même cette purge par un cinglant 6-1 face à ce Mister Nobody que New York semble détester. Daniil Medvedev, il peut aller faire ses courses à la boutique Abercrombie de Times Square sans que personne ne vienne le déranger... L'aura d'un fantôme, cette grande tige !

On comptait alors sur Rodgeur pour corriger le tir et nous donner un peu de rêve face à l'une de ses victimes préférées. La baffe est pour le moins frontale. Ainsi donc, pour la onzième fois de suite à Big Apple, le plus grand joueur de tous les temps a pris la porte de façon incongrue. Un peu blessé, un peu fatigué, un peu moins inspiré, le Maître est éliminé sans gloire et, à vrai dire, c'est une demi-surprise. Je ne l'avais pas forcément écrit sur ce blog, ne voulant pas passer pour l'oiseau de mauvais augure, mais je n'y croyais pas vraiment. Demande à Fangio ou à un autre de mes potes, je leur avais annoncé mon pronostic sur WhatsApp : «Federer sortira en huitième ou en quart à New York.» 


Je suis évidemment déçu d'avoir eu raison, mais je suis content de ne m'être jamais enflammé durant ce tournoi, même quand il a collé un 6-2 6-2 6-0 à Goffin. Cet US Open, sa surface de plus en plus lente, son humidité et ses night-sessions aux conditions difficiles semblent aujourd'hui trop physiques, trop pénibles pour le Maître et ses genoux, eux qui affichent 38 balais sur la balance. A lui de se remettre vite, de zapper cette infecte Laver Cup si nécessaire et de se préparer au mieux pour la saison indoor où il aura, comme toujours, un coup à jouer.

Voilà les gars, reste une dernière interrogation : qui sera capable de battre Popeye et de l'empêcher de soulever un 19ème titre du Grand Chelem ? Le petit Schwartzman, l'inénarrable Monfils ou l'insipide Medvedev ? A moins que ce ne soit le beau gosse Berrettini ou le revenant Dimitrov... A mon avis, aucun d'entre eux. Rafael Nadal va gagner cet US Open 2019. Assez facilement même.

Ah, une dernière chose, forza Belinda !

2.9.19

Bon débarras

Bon débarras oui ! Au revoir et surtout pas merci. Et si possible à dans très longtemps. C'est bien sûr LA nouvelle de la journée : Novak Djokovic a été éliminé par notre Stan national. La joie et l'excitation sont un peu contenues car le numéro 1 mondial et tenant du titre, fidèle à sa triste réputation, a préféré abandonner comme un lâche que finir ce match comme un homme, comme un champion, respectant ainsi à la fois son adversaire et le public du Arthur-Ashe Stadium. Faible, petit, pitoyable.

Alors qu'il lui restait au pire quatre jeux à disputer et qu'il semblait encore en pleine forme 20 minutes avant, le coton-tige a jeté l'éponge et prouvé que le fair-play et lui, c'est comme le tennis français et la gloire, Gérard Depardieu et la sobriété, Angela Merkel et le sex-appeal : deux mondes séparés. Le sosie de Joe Dalton s'est d'ailleurs fait copieusement huer à sa sortie du court. Comme quoi, de New York à Londres en passant par Melbourne et Paris, notre cauchemar de l'été fait l'unanimité contre lui. Bref, c'est une honte et c'est mieux que j'en reste ici, je vais devenir vulgaire.

Entreprenant et agressif comme à son habitude, Stanimal ne méritait évidemment pas ça. Il méritait une victoire en trois sets et de lui coller un bon vieux 6-1 en guise de doigt d’honneur. On oubliera cette fin de match frustrante et on gardera en tête ces deux premiers sets monumentaux, où le bison a sorti des coups de malade et produit son meilleur tennis depuis son retour de blessure. Le gamin a fait puissamment plaisir et semble affûté comme à sa grande époque, au taquet et prêt à redonner du rêve ! Avant de savoir si on peut vraiment commencer à s'enflammer, on va quand même attendre son prochain tour et ce quart de finale plus qu'alléchant contre Daniil Medvedev. Le Russe de 23 ans, finaliste à Montréal et vainqueur à Cincinnati, est l'un des hommes forts de l'été et l'une des nouvelles têtes de Turc du public new-yorkais. Ça promet un match de dingue entre deux mecs qui ont très très faim, et une ambiance qu'on imagine électrique. Come on gamin !!

De son côté, le diesel Federer n'en finit pas de monter en puissance. Après deux premiers tours poussifs, l'homme aux vingt Majeurs a enchaîné avec deux matches de gala contre Evans et Goffin, ne laissant que cinq jeux à l'Anglais et quatre (!) au Belge, numéro 15 mondial tout de même, et sortant au passage quelques coups magiques. Quel talent, quelle vista, quelle fraicheur, comme à l'entraînement. Rodgeur attend désormais Dimitrov, l'homme qui s'est pris pour Superman, Dieu ou Neymar après sa victoire au Masters de 2017, pour un match de prestige entre le Maître et l'élève. Pour la deuxième fois de l'année après Roland Garros, il y a donc deux Suisses en quart de finale d'un Grand Chelem et, les amis, il faut en profiter. 

Voilà les gars, cet US Open 2019 nous redonne envie de regarder du tennis et on est d'ores et déjà heureux que le vainqueur ne se nommera pas Djokovic, l'imposteur de la petite balle jaune. On se réjouit de la suite du tournoi et si une petite surprise pouvait égayer le bas du tableau, ben on serait évidemment ravis, si tu vois ce que je veux dire.

28.8.19

Inconsolable

Voilà les amis, à défaut d'avoir repris du poil de la bête, je retrouve mon bon vieux clavier pour te concocter le premier post depuis LE traumatisme du siècle. Tu l'as compris en lisant le titre, je n'ai toujours pas digéré la pire défaite de tous les temps. J'ai d'ailleurs complètement coupé avec le monde du tennis depuis ce lugubre 14 juillet 2019, ne suivant rien – mais alors rien du tout ! – des divers tournois qui ont tenté d'égayer ce triste été. Il paraît que Nadal et Medvedev ont gagné à Montréal et Cincinnati, tant mieux pour eux. 

Mon pote et fidèle lecteur Fangio a bien essayé de me redonner goût au tennis en m'envoyant quelques articles et vidéos, ses messages ont eu droit à une bienveillante indifférence de ma part. Tel un vieux con, j'ai passé mon été à ressasser cette finale maudite, à regretter ces deux balles de match et à ne toujours pas réussir à comprendre pourquoi nous, les fans inconditionnels du Maître, nous avons ramassé un tel coup de poignard dans le coeur. Je me suis aussi souvent dit que, putain de merde, cet été 2019 aurait pu être tellement délicieux avec ce 21ème Majeur et ce 9ème Wimbledon sur la cheminée du Rodg et sur le toit du Cervin...

On ne peut pas comparer les sports et la portée d’un événement, mais pour moi et les millions de fans qui vouons un véritable culte à Roger Federer, perdre une finale de Wimbledon au tie-break contre Djokovic après avoir raté deux balles de match sur son service à 8-7, c’est comme – pour un supporter du Brésil – de paumer une finale de Coupe du Monde aux tirs au but contre l’Argentine après avoir raté deux penalties aux 115e et 117e minutes. Un truc indigérable et profondément traumatisant, de génération en génération.

Je suis convaincu que ce 14 juillet 2019 a marqué l'histoire de notre sport, comme la finale Italie France de 2006 a marqué l'histoire du football. En perdant ces finales-là dans des circonstances tout aussi tragiques, Federer et Zidane ont manqué de signer le plus bel exploit de leur brillante carrière. Et de mettre tout le monde d'accord sur ce présumé statut de GOAT. Zidane aurait été le plus grand de tous les temps en soulevant deux Coupes du Monde, et en scorant lors des deux finales ; Rodgeur aurait probablement réglé définitivement l'affaire en claquant un 21-15 à Djokoballesdematch. L'avenir nous le dira. 

Mais voilà, pour toi fidèle lecteur, pour vous tous qui avez commenté avec brio et tellement de passion mon dernier post (merci les gars, vous êtes brillants !), je me dois de sortir de ma torpeur, mettre ma dépression post-Londres de côté et relancer la machine à l'occasion de cette dernière levée du Grand Chelem. On retrouve évidemment les mêmes au rendez-vous et, même s'il n'a pas forcément brillé durant la tournée américaine, Novak Djokovic est clairement l'homme à battre selon moi. Certains prétendent que Medvedev pourrait lui causer des ennuis, je vois plutôt le coton-tige lui mettre trois sets à zéro. On le sait, le Djokoboss en Majeur n'est pas le même que celui qui est capable de se viander contre Bautista Agut, Kohlschreiber ou ledit Medvedev en Masters 1000.

Quant à Rodgeur, j'ai de la peine à croire qu'il puisse aller au bout de ce tournoi qui, faut-il le rappeler, se refuse désespérément à lui depuis 2008. Voilà onze ans que le Maître fait plus ou moins n'importe quoi à New York, perdant des finales (ah Del Potro en 2009...) ou des demi-finales (ah Djokoballesdematch...) qu'il n'aurait jamais dû perdre, ou craquant face à des nobodies comme Robredo ou Millman. Je ne demande qu'à être surpris, comme je rêve que Popeye ou le coton-tige se fassent piéger par un jeune loup aux dents longues. Alors les p'tits jeunes, les Shapovalov, Rublev, Medvedev, Zverev ou autre Kyrgios, ben faites nous un peu rêver, merde !! On en a tellement besoin...

14.7.19

La pire défaite de tous les temps

  
Je te préviens, il n'y aura rien de bon dans ce post. Rien. Passe ta route si tu n'as pas envie de repenser à ce match, à ce film d'horreur, à ce cauchemar, à ce coup de poignard dans le cœur, à cette tragédie nationale. J'écris ce papier comme on remplit sa déclaration d'impôts, comme on se torche le cul ou comme on signe une convention de divorce : parce qu'on doit le faire, tout simplement. C'est un désastre. Un Désastre. C'est la pire défaite de la carrière de Roger Federer. Pire qu'en 2008 contre Nadal, pire que tout. La pire défaite de tous les temps, tous sports confondus. Oui, c'est la pire déception sportive de toute ma vie. J'ai beau chercher, je n'en vois pas d'autre. Rien n'a été aussi traumatisant, aussi frustrant et aussi triste que cette finale-là.

Non Rodgeur, NON !!! T'avais pas le droit. T'avais pas le droit de la perdre. Pas comme ça. Pas chez toi à Wimbledon. Pas contre ce putain de Djokobite. NON NON NON. T'avais pas le droit de nous faire ça mais, surtout, t'avais pas le droit d'infliger ça à ta légende. A la limite, j'aurais préféré que tu prennes un trois sets à zéro et qu'on passe directement à autre chose. Mais là, comment passer à autre chose ? Comment oublier ces deux balles de match à 8-7, comment oublier ces deux balles de break – qui avaient le poids de balles de match – à 11-11 ? On n'oubliera pas, on n'oubliera jamais. Jamais. Putain de merde, un ace, un service gagnant ou un coup droit sur la ligne, c'est tout ce que tu avais à faire pour entrer à nouveau dans l'Histoire et remporter l'un des plus beaux matchs de ta vie. Si ce n'est le plus beau.

Je sais, ça ne sert à rien de refaire ce match. Je l'ai déjà refait mille fois dans ma tête. J'y repenserai encore dix mille fois cette semaine. Mais ça ne sert à rien. L'Histoire est écrite, le chapitre est clos et c'est Novak Djokovic qui en est le héros. Ce joueur au charisme d'un tube de Cenovis (je sais, c'est méchant pour le tube de Cenovis) a sauvé deux balles de match, avant de sauver deux balles de break dans un avant-dernier jeu capital. Oui, ce mec est un robot, un tueur, une machine. Tout ce que n'est pas Federer. Notre bon vieux Rodgeur a des émotions, des sentiments, comme toi et moi, et il a tremblé au moment de conclure. Mes amis de CartonRouge.ch – que je salue au passage – l'ont surnommé Jean-Claude Dusse, l'homme qui n'arrive pas à conclure dans Les Bronzés font du ski. C'est sévère, mais il y avait un peu, voire beaucoup, de Jean-Claude Dusse chez Roger Federer dimanche après-midi.

Un point. Un point.
Un point. Un point. Un point. Un point. UN POINT. Il aura donc manqué un point. Un point, soit même pas 1 centimètre. Voilà ce qui sépare aujourd'hui un homme et tous ses fans d'une déprime absolue à une extase fantasmagorique. Je n'y reviens pas. Je n'y crois pas. Le destin est tragique, terriblement cruel. Je ne vais pas partir dans de longues théories sur cette rencontre, ça ne sert à rien. Je sais, je me répète, et j'en ai rien à foutre. Un match que Jean-Claude Federer aurait pu gagner en trois sets, qu'il aurait dû gagner en quatre, et qu'il a réussi à perdre en cinq. Roger Dusse a gagné 218 points dimanche, Djokovic 204. C'est comme quand Hillary Clinton a perdu contre Donald Trump avec 3 millions de voix en plus. C'est comme le Portugal contre la Grèce en finale de l’Euro 2004, lorsque les stats devaient afficher 22 tirs à 1. C'est comme ton pote qui charogne la même miss depuis 10 ans et qui finit par se la faire piquer par son contrôleur fiscal. Qu'on le veuille ou non, c'est la lose.

C'est la lose et c'est moche. C'est moche de perdre comme ça. Et ça me saoule, ça me gave, ça m'énerve. Je n'ai plus envie d'écrire un mot sur cette horrible défaite. Alors je te dis à bientôt, à je ne sais pas quand. La tournée américaine ne va pas me passionner, c'est certain. Tu me reverras pour l'US Open mais, si Jean-Claude Dusse est en finale contre Djokoboss, je te promets que je ne la regarderai pas, cette daube sans nom. Une chose est sûre, il y aura un avant et un après 14 juillet 2019 dans le monde du tennis. C'est un tournant dans l'histoire de ce sport. Il y a des choses qu'on ne peut plus revivre. Il y a des instants de gloire qu'on laisse passer à tout jamais. Il y a des moments de légende qu'il faut savoir saisir. Il y a des regrets éternels. Ce 14 juillet 2019 est un regret éternel. ETERNEL. Un point. Putain. Un point. 


Adieu rêves et records. Adieu champagne et cotillons. A nous mouchoirs et colère. A nous tristesse et détresse. Un point les amis. Un point. 

13.7.19

À faire bander un mort !

Mais oui Rodgeur, mais ouiiiiiiiiiiiii !!!!! Mon Dieu, pardon, mon Federer comme elle fait du bien cette victoire, mon Federer comme elle nous redonne le sourire et nous fait oublier ce gazon indigne, ce début d’année merdique et, plus près de nous, ce Roland Garros grotesque. Ce n’est qu’une demi-finale, rien n’est fait et on sait très bien que Djokobite reste un traumatisme pour nous en finale de Grand Chelem (j’y reviendrai) mais là il faut juste savourer. Savourer ce match 5 étoiles, savourer ce retour éblouissant du Maître, savourer cette victoire contre ce Popeye sans grand fair-play, lui qui a mis une plombe pour changer son bandage à 5-4 au quatrième set, service à suivre Federer, histoire de tenter un énième coup de poker... C’était faible, petit et indigne de sa personne, c’était Sergio Ramos qui prend un deuxième jaune volontaire pour être suspendu au match retour.

En état de grâce et en mode attaque, le Maître nous a offert un véritable récital et une 101ème victoire éclatante dans son jardin, record absolu en Majeur. Son plus beau match – et de très loin – de sa saison, voire des deux dernières années. Impérial au service, impressionnant en revers, agressif en coup droit, solide dans la tête (oh que oui), l’homme aux vingt Majeurs et huit Wimbledon a épaté la galerie ce vendredi, comme à sa grande époque. Sa joie était belle, sincère, touchante. Celle de son clan aussi. Et tout ça à quelques jours de ses 38 ans... Il n’y a plus de mots, il n’y a que du respect. Un immense respect et une érection aussi grande que le nombre de victoires de notre Rodgeur national (101, putain 101 !) dans son théâtre des rêves.

La fin du match restera dans les annales. Comme à Melbourne en 2017, les deux monstres du tennis ont décidé de nous offrir deux derniers jeux de dingue, longs de 20 minutes, à couper le souffle, à arrêter le temps, avec notamment cette balle de débreak à 30-40 complémentent folle, ces troisième et quatrième balles de match sauvées par un Rambo en mode guerrier, le tout avant ce dénouement puissant, fort, merveilleux, sur cette cinquième balle de match, cette cinquième balle de finale. J’étais debout, franc fou, hystérique, tellement heureux !! C’est un énorme, un gigantesque Rodgeur qui est allé chercher cette victoire avec ses couilles, ses tripes, son talent. De ses 101 victoires à Church Road, celle-ci
comme il l’a relevé en conférence de presse aura une place à part dans son coeur, dans le top 5 des succès de prestige à Wimbledon, tant pour le style que pour le symbole.

Voilà les amis, c’est incroyablement bon, c’est puissamment jouissif mais ce n’est qu’une demi-finale et on le sait très bien, toi et moi, que si le coton-tige gagne dimanche, ben on sera beaux caqueux sur notre canapé et que cette victoire de gala n’aura servi à rien. Enfin, à rien non, car une victoire contre l’homme qui a tué Roland Garros reste toujours un incommensurable bonheur. Les victoires contre Rafa, c’est comme les meufs que tu peux ramener dans ton pieu : ça reste des moments précieux dans une vie, sauf si tu t
’appelles Bastian Baker ou Tiger Woods

Bref, dimanche contre un Djokobite qu’on imagine déjà injouable et défensif au possible, qu’on imagine déjà sauver quatre balles de break par jeu et brandir le poing vers son clan (quelle horreur), il faudra évidemment un Rodgeur des grands jours, loin du Federer des trois dernières finales en Grand Chelem contre le Serbe. On n’a pas oublié les claques de Wimbledon 2014 et 2015 et celle de l’US Open de ce triste été 2015. Les trois fois, le Suisse avait fait des démonstrations en demi-finale ; les trois fois, il n’a pas su trouver la solution pour percer la muraille Djokochine. Ce sera identique dimanche et, sans vouloir jouer à l’oiseau de mauvais augure, j’ai peur. Très peur même.

Peur ou pas, mauvais souvenir ou pas, il s’agira de rentrer sur ce Central sans pression, sans complexe mais avec rage et conviction, le couteau entre les dents et avec l’ambition de faire rêver tout un pays et accessoirement des millions de fans à travers le monde. J
’ai bien dit des millions. Car la Terre entière, Serbie mise à part, sera derrière toi, ô grand Rodgeur, ô grand magicien. Fais-nous rêver, fais-nous bander, rien ne serait plus beau qu’un neuvième sacre au All England Club !!!

9.7.19

Wimbledon, tu as perdu ton âme

Comme souvent en Majeur, la première semaine n'a rien offert de croustillant. Bien sûr, il y a eu les éliminations surprises de Zverev, Tsitsipas, Thiem, Cilic et autre Anderson, mais pas de quoi faire bander un mort. Stan, lui, nous a fait sa traditionnelle trouée du mois de juillet à Church Road, là où il n'arrive désespérément pas à briller. L'homme qui a remporté l'Open d'Australie, Roland Garros et l'US Open (putain comme ça fait du bien de l'écrire) ne s'imposera probablement jamais à Wimbledon. Quoique, rien n'est impossible avec Stan, mais là ce serait quand même aussi improbable qu'une victoire d'un Français ou d'un mec de la NextGen en Grand Chelem, d'un titre d'une équipe romande en hockey ou football, ou d'un transfert réussi de Pablo Iglesias...

De leur côté, les trois grandissimes favoris n'ont pas tremblé jusqu'ici, ou si peu. Une petite frayeur pour Rodgeur au premier tour, une moyenne pour Popeye au deuxième et une minuscule pour Djokobite au troisième. Dommage que l'inénarrable Kyrgios n'ait pas chopé un set supplémentaire au taureau de Manacor, le combat aurait alors pu vraiment être dantesque et indécis. A ce sujet, qu'on soit bien clair les amis, que Musclor affronte cet abruti de Kyrgios, le petit-fils de Staline ou le neveu de Marc Dutroux, on sera toujours, j'ai bien dit toujours, pour l'adversaire de la crevette à l'ail. Que ce soit dit.

Bref, les trois monstres du circuit déroulent et leur démonstration respective en huitième de finale en dit long sur leur domination ou sur la faiblesse de l'adversité, c'est selon. 6-3 6-2 6-3 pour le coton-tige, 6-2 6-2 6-2 pour Terminator et 6-1 6-2 6-2 pour le Maître. Jetez tout ça à la poubelle, il n'y a rien à voir ! C'est tout de même fou de voir à quel point ces trois-là sont en dessus de la mêlée et à quel point aussi cette fameuse NextGen fait peine à voir, pour ne pas dire pire sur cette bande de bras cassés au mental de bisounours.

Comme tu vois, je ne suis pas de bonne. Et ce n'est pas ce qui suit qui va te rassurer sur ma joie de vivre en ce moment. Je l'ai dit dans mon dernier post, je le répète aujourd'hui en guise d'immense doigt d'honneur à ces putains d'organisateurs : vous êtes des nazes les gars, des gros nazes. Tous les observateurs et les joueurs l'ont relevé, le gazon du All England Club n'a jamais été aussi lent que cette année. Certains joueurs l'ont trouvé plus lent que la brique pilée de Roland Garros, d’autres ont même considéré le gazon de Wimbledon comme la surface la moins rapide du circuit !  

C'est une honte, une hérésie, un crime de lèse-majesté. Ce tournoi qui était jadis une ode à l'attaque, une invitation au service-volée, un paradis pour les attaquants n'est plus qu'une terre battue verte, un vulgaire champ de patates réservé aux crocodiles, un terrain de jeu où les montées au filet sont aussi rares que les scènes de tendresse dans les films de Rocco Siffredi. Messieurs les organisateurs, vous avez perdu votre âme, allez bien vous faire foutre ! Votre tournoi était magique, unique, mythique, il est en train de devenir de plus en plus infect. 

Allez, je vais me calmer, fumer une clope et penser à autre chose qu'à cette parodie de Wimbledon, cette escroquerie XXL. Et Dieu sait que je l'aimais ce tournoi, même si je n'y ai jamais brillé. Un Federer – Nadal se profile en demi-finale, je te promets que si ce match se solde par une victoire de Rambo après un combat à un mètre derrière la ligne de fond de court, je ne regarde plus de tennis jusqu'à l'US Open.