14.8.17

Une claque et des questions...

Pour Roger Federer et ses fans, l'année 2017 aura été paRFaite jusqu'à ce lugubre dimanche 13 août. Le Maître avait alors réalisé un véritable sans-faute, ne perdant que deux matches "anecdotiques" à Dubaï et Stuttgart, et raflant tous les autres gros tournois auxquels il avait participé, Open d'Australie et Wimbledon en tête. On aurait adoré, rêvé, sur-kiffé que cette série se prolonge jusqu'à la fin de saison, ou au moins jusqu'à l'US Open, célébrant chaque titre à grands coups de superlatifs, de shots et d'enflammades. On a pris hier une grosse claque et, à voir le scénario de cette finale, beaucoup de questions trottent désormais dans nos têtes...

Le Bâlois est-il diminué ? Son dos recommence-t-il à le faire souffrir ? Le break post-Wimbledon n'a-t-il pas été assez long ? Va-t-il jouer Cincinnati ? Doit-il se raser la barbe ? Mirka l'a-t-elle trompé avec le jardinier ou le prof de fitness ? Autant de questions qu'on est en train de se poser après avoir suivi cette finale à sens unique, où Rodgeur n'a été que l'ombre de lui-même. Certes, Alexander Zverev a envoyé du lourd et même face à un Federer à 100%, il aurait probablement gagné. Reste que l'homme aux 19 Majeurs a paru totalement perdu sur ce court, apathique et absent, avec sa tête des mauvais qu'on ne lui connaissait plus. Sans parler de ses premières balles à 150 km/h, de ses coups droits dans les nuages et de ses revers au milieu du filet...

On en saura plus sur son état de santé ces prochaines heures, et on espère évidemment qu'il pourra s'aligner cette semaine à Cincinnati où la place de numéro 1 mondial se jouera entre lui et Rafael Nadal. Le Bâlois a laissé échapper de précieux points ce dimanche et n'a désormais plus son destin entre ses mains mais, en cette année de toutes les sensations, tout reste possible. Y compris une défaite de Popeye au deuxième tour contre Gasquet et, du coup, la voie royale pour Federer... Y compris aussi un forfait de Rodgeur à la dernière minute pour se reposer avant l'US Open... Bref, quand on voit des défaites pareilles et quand on sait à quel point le physique d'un athlète est fragile, a fortiori à 36 ans, il faut juste se dire qu'on a vraiment eu le cul bordé de nouilles, comme on dit, de vivre un tel début de saison.

Voilà les amis, avant de conclure ce post qui donne autant de rêve qu'un repas avec des végétaliens de gauche allergiques à l'alcool, je tiens à tirer un immense coup de chapeau à Zverev, lequel a frappé un nouveau grand coup cette saison après son sacre à Rome. Du haut de ses 2 mètres, de ses 20 ans et de sa tête de jeune puceau, le prodige de Hambourg se profile comme le futur crack du circuit. Son premier titre en Grand Chelem ne devrait pas tarder, sa place sur le trône non plus... Et franchement, ça ne serait pas pour me déplaire, surtout s'il tape des Nadal, Djokovic ou autre Murray en finale. Le Zverev m'est d'ailleurs plutôt sympathique, son clan aussi.

Entre temps, puisse Rodgeur retrouver sa verve, redevenir le roi du tennis – même pour une ou deux semaines... et gagner ce 20ème Majeur, ce n'est pas trop lui demander, non ?     

11.8.17

Joyeux anniversaire, Rodgeur !

Ce mardi 8 août, on fêtait deux anniversaires : celui de notre Rogdeur national, lequel soufflait sa 36ème bougie, et celui – comme l'a relevé le très fidèle et très passionné Patrick de Montmollin de mon titre olympique à Barcelone en 1992. Putain, un quart de siècle mon pote ! T'imagines qu'à cette époque-là, Magic Johnson jouait encore au basket, Carl Lewis était médaillé d'or en saut en longueur et Michael Jackson entamait sa mythique tournée Dangerous... Un autre monde, une autre époque ! Sans smartphone ni Facebook...

Bref, en cette semaine anniversaire, tout va bien dans le meilleur des mondes pour le Maître. Après un premier tour facile, le Bâlois a éliminé non sans peine son souffre-douleur préféré, l'inusable David Ferrer. L'Espagnol n'a pas été loin de l'exploit mais a fini par s'incliner face au Bâlois pour la 17ème fois en... 17 confrontations ! Un ratio historique dans le monde de la petite balle jaune. Ferrer, c'est le mec qui arrive en soirée coiffé comme un pape, avec une chemise sans le moindre pli et des chaussures cirées mais qui finit toujours par rentrer brecouille. 17-0 donc, c'est aussi le bilan du Lausanne-Sport face au FC Bâle ou celui des clubs romands de hockey en finale de play-off... 

On pensait se réveiller vendredi matin en apprenant la qualification de Popeye pour les quarts de finale, et en lisant les journaux titrer «Rafael Nadal à une victoire du trône», et bien que nenni ! Alors que le taureau des Baléares avait un véritable boulevard jusqu'en demi et que la place de numéro 1 mondial lui tendait les bras, telle une seringue d'EPO devant le bras gauche de Lance Armstrong, le Majorquin a réussi à se prendre les pieds dans le tapis. Son bourreau s'appelle Denis Shapovalov, a tout juste l'âge de boire un whisky et a offert au central montréalais une soirée de liesse. Tcheu l'ambiance qui régnait dans ce stade, tabarnak ! Un match de dingue que le nouveau prodige du tennis canadien a terminé couché sur le sol après un dernier coup droit prodigieux, comme dans un rêve. Quand je pense que ce gamin n'était même pas dans les couilles de son père quand je battais Jordi Arrese à Barcelone... Si j'ai la chance de te croiser un de ces soirs, Denis, je t'offrirai volontiers ta première vraie cuite !

«La pire défaite de l'année de Nadal», selon ses propres dires, fait évidemment les affaires de Rodgeur. L'homme aux 19 Majeurs n'espérait pas un tel cadeau et pourra sans autre offrir une caisse de champagne à Shapovalov puisqu'il pourrait ainsi revenir à 10 petits points de son éternel rival en cas de victoire ici. A l'heure où j'écris ces quelques lignes, il vient de battre facilement Bautista Agut et s'est qualifié pour les demi-finales où l'attend Robin Haase. Bref, ça ne sent pas trop mauvais pour le Suisse qui, dans ce Masters 1000 aux allures d'ATP 250, a vraiment tout pour soulever enfin cette coupe dans la ville chère à Robert Charlebois. On y croit les gars, on y croit !! 

5.8.17

Une saison décidément improbable...

Improbable, folle, dingue, insensée, irréelle mais absolument délicieuse et magique : tels sont quelques adjectifs pour qualifier cette saison 2017 à nulle autre pareille. Une saison qui marque bien sûr le retour en grâce des deux légendes ultimes du tennis, Roger Federer et Rafael Nadal, lesquels se partagent les trois premières levées du Grand Chelem et qui, à moins d'un tremblement de terre digne du transfert de Neymar, se présenteront comme les grandissimes favoris de l'US Open. On s'en réjouit ! D'autant plus que c'est le seul tournoi majeur qui n'a pas encore eu droit à une finale entre les champions aux 35 titres du Grand Chelem...

Cette saison 2017 marque aussi un coup d'arrêt brutal dans la marche triomphale de Novak Djokovic. L'ogre des trois dernières années paie au prix fort son insolente domination et ses efforts inouïs pour aller chercher ce sacre à la Porte d'Auteuil. Depuis ce dimanche 5 juin 2016, la chute du roi est aussi terrible qu'inattendue... Alors qu'il était ce jour-là le lauréat des quatre tournois du Grand Chelem, le coton-tige n'en détient aujourd'hui plus un. Pire, il n'a même pas atteint une fois le dernier carré d'un Majeur cette année. Blessé, fatigué, cramé, déprimé, usé, l'ex-numéro 1 mondial a décidé de mettre un terme à sa saison. Comme le Maître l'an dernier. Même s'il ne va pas nous manquer, on lui souhaite quand même un prompt rétablissement...

L'autre victime de cette année rocambolesque, c'est évidemment notre Stan national. A la surprise générale, le Vaudois a lui aussi décidé de stopper net sa saison et de se faire opérer du genou. Le protégé de Magnus Norman n'ira donc pas défendre son titre à New York et conclut une saison sans titre du Grand Chelem, une première depuis 2013. Allez, courage gamin, ne lâche rien et reviens encore plus fort en janvier !

Et l'hécatombe n'est pas terminée puisque le sosie de Frankenstein est forfait pour Montréal... Pas encore pour l'US Open, mais rien n'est impossible... Le Big Four est aujourd'hui un Big Two, ou à la limite un Big Two et demi si l'on considère que Murray est encore dans le coup, ce qui est loin d'être certain. Autant dire que la voie est royale et la vue dégagée pour Rodgeur et Rafa dont la lutte pour la place de numéro 1 mondial fait déjà saliver tous les fans de la petite balle jaune. Avec un Federer présent dès ce premier Masters 1000, cette tournée américaine sera donc plus excitante que jamais et, qu'on se le dise, on n'a pas fini de s'enflammer les amis !

17.7.17

Lé8endaire Ro8er !!!!!!!!

J'aurais pu choisir dix mille autres titres pour ce post jubilatoire, cent mille, un million, un milliard... Il n'y a pas assez de superlatifs et d'adjectifs pour encenser suffisamment le roi Rodgeur, le Maître absolu, le King de Wimbledon, le Mozart de la petite balle jaune, le Charles Baudelaire du tennis, le Dieu des courts, le James Bond helvétique, Sa Majesté Federer. Celui que son sponsor a rebaptisé Ro8er ajoute une ligne dorée à son hallucinant palmarès, une ligne qui lui tenait tant à coeur : ce huitième sacre dans son jardin de Church Road. Roger Federer détient désormais seul le record de victoires dans le plus mythique tournoi du monde. Comme Dieu, il n'a plus d'égal dans son royaume. 8endaire !

L'homme aux 19 Majeurs (putain, 19 !!!) a donc réussi son pari et remet tout le monde d'accord. Mais alors vraiment tout le monde. En zappant la saison sur terre battue, le Bâlois a eu de nouveau fin nez. Au contraire des Nadal, Djokovic, Murray et autre Wawrinka, il est arrivé frais comme une rose à Londres et s'adjuge son tournoi fétiche en n'ayant pas perdu le moindre set. "Le record en pantoufles", comme l'a écrit l'excellent Mathieu Aeschmann. Un retour en force qui n'est pas sans rappeler celui de Rafael Nadal à Roland Garros. Le tennis est revenu 10 ans en arrière et on n'a pas fini de s'en réjouir !

Je ne reviendrai pas trop longtemps sur cette finale, qui n'en fut pas vraiment une. La faute à une vilaine ampoule qui a pourri le match d'un Marin Cilic en pleurs, on le comprend. Les émotions et les beaux échanges ne furent pas légions, mais l'histoire ne retiendra que l'essentiel : notre Rodgeur national soulève cette coupe pour la huitième fois de sa carrière, le tout après une disette de cinq ans. Cinq longues années où le commun des mortels n'y aurait plus cru, ruminant les occasions gâchées, notamment lors des deux défaites face à Djokobite. Mais voilà, Federer n'est pas fait de ce bois-là et il n'a jamais cessé de se battre, de bosser, de cravacher avec Lüthi, Edberg puis Ljubicic, de transpirer avec Paganini et de croire en sa bonne étoile avec ses proches et sa famille. Le résultat est aujourd'hui somptueux, grandiose, majestueux, immensément divin !

Fidèle lecteur que tu es, tu te rappelles certainement qu'à l'occasion des 10 ans de ce blog en août 2016, j'écrivais en guise de conclusion "Pas sûr que les 10 prochaines années nous offrent autant d'émotions...", et bien je me suis magistralement planté. 11 mois plus tard, trois des quatre levées du Grand Chelem sont dans l'escarcelle d'un compatriote : Wawrinka à l'US Open et Federer à l'Open d'Australie et à Wimbledon, fabuleux ! Fabuleux aussi de constater que le Rhénan est en passe de réaliser l'une des plus belles saisons de sa vie du haut de ses 35 ans, avec déjà cinq titres au compteur et seulement deux défaites... Je rêvais, je rêve et je rêverai. 

Alors avant de penser à la tournée américaine et au prochain Majeur, avant de penser à cette fameuse place de numéro 1 mondial qui fait – à raison – fantasmer les foules, il convient juste de profiter de ces moments de grâce, de joie et de plénitude. Le plus grand tennisman de tous les temps, pardon, le plus grand SPORTIF de tous les temps vient de renforcer encore son mythe, son aura, sa stature. Aujourd'hui on est tout simplement heureux d'être suisses, fans de tennis et surtout fans de Roger Federer, l'icône ultime, le génie unique, la légende éternelle, la huitième merveille du monde. Inégalé et inégalable.  

15.7.17

Excitation totale ! Mais prudence quand même...

On y est les gars, on y est !!! Le rêve ultime est là, le Graal est devant nos yeux et ceux de notre Rodgeur national, à portée de raquette ! Le plus grand tennisman de tous les temps jouera donc une 11ème finale au All England Club et tentera de remporter ce satané huitième titre à Wimbledon, une consécration qui se refuse à lui depuis 2012 et qui lui permettrait de dépasser un certain Pete Sampras dans les livres d'histoire. Après deux échecs en finale face à Djokobite, le Maître a une opportunité en or, que dis-je, en diamant brut pour défoncer encore plus les portes de l'irrationnel. Autant dire qu'on est déjà excités comme des puces, comme des ados sous ecstasy dans une rave party à l'idée de vivre ce dimanche d'anthologie !!!
Le Bâlois arrivera à cette finale en pleine confiance, le tout sans avoir perdu le moindre set et très peu d'énergie sur le court. Il n'empêche, et c'est là qu'il faut bien rester prudent, sa demi-finale face à Berdych ne fut pas son plus grand match. Des hésitations ici ou là, des coups droits parfois moins saignants et quelques doubles fautes : le Rodg n'a pas survolé cette rencontre comme lors de ses démonstrations contre Dimitrov ou Raonic, entre autres. La faute aussi à un excellent Berdych qui a livré un match très solide. Mais l'essentiel est là et bien là : il a passé cet écueil en patron, en gérant les moments clé avec une force mentale exceptionnelle. Être moins génial mais gagner quand même en trois sets, c'est en général bon signe...
L'homme aux 18 Majeurs retrouvera donc le géant Marin Cilic en finale. Même si le Rhénan affiche un bilan largement favorable contre le Croate, il s'agira d'un sacré client et de tout sauf d'une partie de plaisir. C'est évidemment à sa portée mais il ne faudra rien lâcher, pas une miette, pas un centimètre, rien ! Surtout quand on se rappelle de cette fameuse demi-finale de 2014 à l'US Open ou encore de leur duel de l'année passée en quart de finale ici même, là où le Rodg avait dû sauver trois balles de match... Prudence encore, prudence toujours ! Et autant dire que l'ex-protégé de mon pote Goran Ivanisevic n'aura absolument rien à perdre...
Une finale historique, un match pour l'éternité et une affiche royale pour clôturer ce Wimbledon complètement fou. De fou à magique, il n'y a qu'un pas et c'est désormais au Rodg de le franchir, d'aller au bout de son rêve et d'offrir à la Suisse une nouvelle journée de liesse et d'hystérie. On y croit les mecs, on y croit !!!

13.7.17

Just a perfect day

"Oooooooooh just a perfect day, drink Sangria in the park, and then later, when it gets dark, we go home..." Voici l'air qu'on pourrait fredonner après ce mercredi 12 juillet au scénario complètement fou, jouissif, magique, aussi surprenant que le titre de Leicester ou renversant que la victoire du Danemark en 1992 ! Ainsi donc, et ça doit être une première depuis bien longtemps, le tournoi a perdu ses têtes de série numéro 1 et 2 le même jour. Exit Andy Murray et Novak Djokovic, respectivement battu par un énorme Sam Querrey et sur abandon pour le coton-tige. Incroyable ! Quoique, en cette année tennistique de tous les superlatifs et de toutes les surprises, le mot "incroyable" est presque devenu commun...

Cette double élimination qu'on savoure, il faut bien le reconnaître, comme un Mojito sur une plage à Ibiza... confirme donc les difficultés des ogres du circuit des trois dernières saisons. On les pensait en regain de forme après leurs premiers tours assez faciles, il n'en est finalement rien. Tant l'Ecossais que le Serbe sont en délicatesse avec leur physique et, de leur propre aveu, une pause serait à l'étude. Et même une grande pause en ce qui concerne le sosie de Joe Dalton, dont la saison 2017 tourne au cauchemar absolu. A tel point qu'il en deviendrait presque sympathique ! Non quand même, j'exagère là...

Bref, la claque est aussi grande pour Frankenstein et Djokobite que le boulevard est immense pour notre Rodgeur national. Une autoroute à cinq voies, sans trafic ni restriction de vitesse ! Et le Rodg ne roule pas en Fiat Panda, mais bien dans une Aston Martin rutilante et rugissante avec direction assistée, volant en cuir et air conditionné... La voiture de James Bond affublée de drapeaux suisses et du sigle RF ! Encore une fois en démonstration face à Raonic, le Maître a signé une cinquième victoire de suite en trois sets, avec toujours cette impression de marcher sur l'eau, sur le court et sur son adversaire, le tout en transpirant autant qu'un eskimo sur la banquise. Putain la classe et l'aisance du mec, comme à la belle époque !

Mais attention, comme l'a souligné un lecteur dans les commentaires, il faut se rappeler de l'US Open 2014 et du même boulevard qu'on prédisait au Rodg... Résultat des courses, Cilic l'avait balayé en trois manches avant de remporter le tournoi face à Nishikori. Bref, un seul mot d'ordre : prudence. Je sais je sais, je devrais peut-être davantage m'enflammer, sauter de joie et boire des shots, mais voilà les mecs, en ce Wimbledon totalement dingue, je pense qu'il vaut mieux faire profil bas et garder la tête froide. Querrey - Cilic et Federer - Berdych, telles seront donc les affiches des demi-finales de ce Majeur absolument improbable qui peut, qui doit nous offrir la plus belles des apothéoses dimanche prochain. On reste zen mais on y croit !!!

11.7.17

Popeye reste à 15 !...

Oléééééééé !!!!! Après 10 succès de rang – tous en 3 sets... – en Grand Chelem, le taureau des Baléares a enfin trouvé son maître ! Et son toréro est aussi improbable qu'héroïque : Gilles Müller, ce grand pin d'1m92 au palmarès aussi fourni que le compte en banque de Boris Becker et classé au 26ème rang mondial. Un mec venu de nulle part, comme Istomin ou Zverev à Melbourne, qui vient de signer l'exploit de sa vie. Un match qui a d'ailleurs dû créer un petit séisme au Luxembourg, tant ce pays n'est pas habitué à vibrer pour du sport... Être un fan de sport au Luxembourg, c'est comme être un homosexuel en Arabie Saoudite : tu prends ton pied une fois tous les 10 ans !

Bref, au terme d'un combat de titans et d'un cinquième set d'anthologie, le géant de 34 ans nous offre la première vraie émotion de cette quinzaine et, tu me connais, il n'en fallait pas plus pour que je retrouve l'envie d'écrire quelques lignes. Que Mannarino gagne cet après-midi et Querrey mercredi et je te promets de pondre un article tous les jours, toutes les heures même ! Quoi qu'il arrive désormais, on sait que la Momie n'ajoutera pas un 16ème titre du Grand Chelem à son immense collection et, crois-moi mon ami, c'est déjà une putain de belle satisfaction. 

Franchement, ce Nadal lancé à toute vitesse après sa triple Decima et sa balade de santé à Roland Garros faisait peur, très peur même. Popeye avait d'ailleurs avalé ses premiers adversaires avec une facilité déconcertante et on le voyait déjà se présenter tel un ogre en demi-finale, puis en finale. Mais voilà, le gazon n'est heureusement pas la terre battue et ses vieux démons ont réapparu au plus grand jour. Un service hésitant, des balles trop courtes et un Müller en état de grâce, le tout couplé à des conditions extérieures difficiles avec une nuit tombante et un vent digne des Plaines du Loup : ce cocktail molotov aura donc eu raison de l'homme fort de ce printemps. Au revoir et sans rancune Rafa...

C'est donc rassurés et sereins qu'on aborde maintenant cette seconde semaine au All England Club. Une semaine qui s'annonce plus ouverte que jamais avec le retour en forme de Murray et Djokovic, mais aussi avec les présences des très dangereux Cilic, Raonic et autre Berdych. Au milieu de ce champ complètement miné, notre Rodgeur national fait le boulot et n'en finit pas d'impressionner. Le Maître semble voler sur l'herbe, jouer comme en début de saison et ce n'est pas le pauvre Dimitrov qui dira le contraire. Le Bulgare, dont on attendait beaucoup plus, s'est fait balayer tel un tennisman français en première semaine.

Place désormais à un quart de finale ô combien excitant contre son bourreau de l'an dernier, le bombardier Milos Raonic. Un choc qui, à l'image des autres affiches, vaudra le détour. La route est encore très longue, le rêve ultime si loin mais rien n'est impossible en cette folle année 2017, alors on y croit les mecs, on y croit !!!