12.7.18

Black Wednesday

La bourse de Wall Street a connu son Lundi noir, nous pouvons désormais parler de Mercredi noir. Un Black Wednesday lugubre, cauchemardesque, horrible, affreux, dégueulasse, sinistre. A gerber. Alors qu’on rêvait d’une victoire de Del Potro, d’une qualification de l’Angleterre et, surtout, d’un succès aisé de notre Rodgeur national, tout est allé de travers. Tout. Tu sais, comme ce lundi matin où tu n’entends pas ton réveil, te fais flasher en roulant trop vite sur l’autoroute, te fais engueuler par ton connard de patron en arrivant au boulot et chope la grasto après avoir bouffé des moules à midi… 

Bon, connaissant la confiance qui anime Musclor en ce moment et l’attitude de losers qui caractérise les Three Lions depuis toujours, 1966 mis à part, voir Popeye passer en cinq sets et les Anglais se vautrer contre les Croates était tout sauf une surprise. Une équipe britannique, dominée et trop prudente, finalement à sa place et qui, entre nous soit dit, sera peut-être championne du monde lorsque des Jeux Olympiques seront organisés en Valais… De son côté, un Hulk hystérique a remporté un duel de titans face à un Del Puerco héroïque, qui commence gentiment à devenir le spécialiste des matches épiques et des combats en cinq sets.

Bref, on aurait signé pour un combo Federer – Nadal – Croatie sans trop broncher (surtout que les Croates méritent d’être en finale), mais là, le combo Anderson – Nadal – Croatie est juste indigérable. Comme une fondue au fromage accompagnée d’un coca avec glaçons. Comme un lendemain de cuite sans eau ni aspirine. Comme un cours de répét entouré de Suisses allemands fans de Christoph Blocher et de heavy metal. Ce haut du tableau ne ressemble désormais à rien, avec ce Anderson – Isner digne d’un troisième tour de Masters 1000, lequel donne autant de rêve qu’un retour en train du Montreux Jazz Festival à 5 heures du mat. 

Comme toi, je me demande encore comment Rodgeur a pu laisser filer ce quart de finale, comment il a pu – à son âge et avec son expérience – laisser se faire piéger par cette pâle copie de Peter Crouch (cf. Thomas Wiesel) au jeu tellement prévisible. Le Maître paie au prix fort un vilain jour sans, où il n’a jamais été dans son assiette, où il a très rapidement affiché sa tête des mauvais jours, où il a été beaucoup trop passif, où ses coups faisaient moins mal, où son coup droit semblait parfois déréglé, où son staff a paru très vite nerveux et inquiet. L’homme aux 20 Majeurs était comme perdu sur ce court no 1 aux allures de cimetière. A black graveyard. Il quitte son tournoi fétiche la tête basse, éliminé par un nobody à l’élégance et au charisme aussi développés qu’un paquet de chips Zweifel. 

Ne reste plus qu’à espérer que Novak Djokovic puisse se sublimer contre l’orgre de Manacor et signer un véritable exploit, ce qui me paraît quand même fort improbable. On se dirige donc vers un dimanche où un certain Rafael Nadal pourrait bien soulever son 18ème titre du Grand Chelem avant un triomphe de la France en Coupe du Monde… Et je conclurai ce post avec quatre lettres qui caractérisent parfaitement mon état d’esprit aujourd’hui : F U C K.

8.7.18

En route vers un jubilé historique ?

Cette édition 2018 de Wimbledon est un peu particulière car elle célèbre les dix ans du mythique Nadal – Federer de 2008, le monument qu’on peut unanimement et sans contestation considéré comme LE match du siècle. Une finale d’anthologie, un orgasme tennistique, une ode au jeu et au spectacle, une confrontation entre deux champions à l’apogée de leur rivalité. Le dénouement fut évidemment terrible pour tous les amoureux de notre Rodgeur national et je dois t’avouer que, même dix ans après, la pilule n’est pas encore passée. Et ne passera jamais ! Comme le 2 juin 1999 pour les supporters du Lausanne-Sport, la finale France – Italie de 2006 pour les fans de Zidane ou la finale de l’Euro 2004 pour les Portugais.  

Une décennie plus tard, les hommes aux 37 Majeurs – dominateurs et seuls sur terre comme à leur grande époque pourraient bien se retrouver au dernier stade du plus beau tournoi du monde, et ce ne serait bien sûr pas pour nous déplaire. Une finale qui aura lieu un certain dimanche 15 juillet, peu avant la… finale de la Coupe du Monde. T’imagines le programme de la journée si tu enchaînes un Federer – Nadal suivi, par exemple, d’un France – Angleterre ? Y’aurait de quoi vivre quelques belles émotions, avec des potes dans le jardin, une vasque pleine de rosé et un grill rempli de bidoche !  

Mais voilà, on n’y est évidemment pas encore et, que ce soit à Londres ou en Russie, une surprise serait tout sauf improbable. Devoir se taper un Raonic – Del Potro ou un Isner – Djokovic suivi d’un Belgique – Croatie est une réalité bien réelle, comme on dit, comme celle d’avoir un patron con, une meuf chiante ou un boulot de merde, et pas de chance pour ceux qui ont les trois… Bon, je te rassure mon pote, si la finale du Mondial est Belgique – Angleterre et si les Diables rouges l’emportent à la fin, ben je serais le premier à être content pour eux ! S’il y a bien une équipe qui donne du rêve durant cette Coupe du Monde, et Dieu sait s’il y en a peu, c’est bien elle. 

Bref, les choses sérieuses commencent lundi avec les huitièmes de finale. Si Rodgeur et Musclor devraient passer le cap sans problème, les premiers soucis arriveront probablement dès les quarts de finale, notamment pour Popeye qui a hérité de la partie de tableau compliquée, une fois n’est pas coutume. Hulk pourrait ainsi affronter un certain Del Potro en quart avant des éventuelles retrouvailles contre Djokobite en demi. Le Bâlois, lui, n’a pas vraiment à se plaindre avec l’élimination du principal danger dans le haut du tableau, un Marin Cilic aussi déplorable et pathétique que l’équipe de Suisse face à la Suède. Quoique non, je suis trop sévère, il fut quand même moins pathétique que cette nullissime Nati, tellement décevante et finalement tellement prévisible. Bref, passons, vivement demain les amis !

PS : un dernier mot pour ceux qui veulent faire une pseudo polémique sur le contrat entre Federer et Uniqlo : je m’en bats les couilles !   

27.6.18

La semaine croate

Je dois quand même t’avouer qu’après le torrent d’émotions et d’euphorie suscité par la fantastique victoire de l’équipe de Suisse vendredi soir, il ne fut pas facile pour moi de me passionner pour ce crouille ATP 500 de Halle, Federer ou pas. Un tournoi que le Maître n’a donc pas gagné, une fois n’est pas coutume. Cette défaite n’est malheureusement pas sans conséquence et la légende ne sera pas parfaite : Rodgeur laisse la place de numéro 1 mondial à Musclor et ne pourra pas soulever à Londres le centième titre de sa carrière. C’eût été tellement beau…

Les regrets sont donc bien présents aujourd’hui, d’autant plus que le Bâlois aurait pu remporter cette finale en deux sets et peut ruminer les occasions gâchées lors de la première manche, notamment cette balle de break à 4-3 et, bien sûr, ces deux balles de set dans le tie-break. L’homme aux vingt Majeurs a semblé cuit lors de la troisième manche que le prometteur Coric a raflé haut la main. Il faut croire que rien ne pouvait résister aux Croates la semaine dernière, puisque Cilic a gagné le tournoi du Queen’s tandis que leur équipe nationale de football a atomisé l’Argentine jeudi soir… Pensées à mon pote Goran Ivanisevic qui doit être sur son petit nuage en ce moment !

Ainsi donc, la semaine de repos entre Halle et le début de Wimbledon ne sera vraiment pas de trop pour notre Rodgeur national, lui qui avait d’ailleurs failli passer à la trappe lors de son premier tour contre Benoît Paire et qui a semblé très loin de son meilleur niveau, tant tennistiquement que physiquement. Voire même mentalement. Enchaîner Stuttgart et Halle pour Rodgeur et ses 36 printemps, c’est comme s’envoyer le Montreux Jazz Festival et le Paléo direct après : t’es content d’y être, tu donnes tout sur le moment mais tu finis quand même sur les rotules ! 

Quant au commentaire de l’excellent Thierry Fangio, mes deux réponses sont les suivantes, même si je ne suis pas dans le secret des dieux : non, Rodgeur ne prendra pas sa retraite après Wimbledon ; et non bis, je ne pense pas qu’il se soit fâché avec la marque à la virgule, mais voilà, son contrat arrivait à échéance et son agent Tony Godsick – qui aime autant l’argent que Michel Platini, Sepp Blatter et Pascal Broulis réunis – a sauté sur l’occasion pour négocier un contrat record avec Uniqlo.

Allez les amis, vivement le début de Wimbledon avec un Rodgeur au taquet et d’ici là, puisse Unser Nati continuer à nous faire rêver ! Hop Suisse.

19.6.18

A toi, à moi

Voilà les amis, notre Rodgeur national est de retour sur le trône après sa victoire à l’Open Mercedes, pardon, au tournoi de Stuttgart. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’homme aux 20 Majeurs n’a pas eu la tâche facile dans cet ATP 250 avec une demi-finale très disputée face à Nick Kyrgios avant une finale face au bombardier Raonic. Deux pièges que le Bâlois a parfaitement géré pour s’offrir le… 98ème titre de sa carrière ! Le rêve se prolonge, la légende continue...

Ainsi donc, le jeu des chaises musicales continue entre le Maître et le Bulldozer avec une nouvelle passation de pouvoir cette saison, la cinquième – déjà ! – depuis le début de l’année. Federer après Rotterdam, Nadal après Miami, Federer après Madrid, Nadal après Rome et Federer après Stuttgart : à toi, à moi, comme deux potes qui se passent la clé de leur Ferrari ou de leur chalet à Verbier !

Non contents de se partager à tour de rôle cette place de numéro 1 mondial, les deux légendes ultimes du tennis se renvoient également la balle au niveau des titres en Grand Chelem, avec trois Majeurs de chaque côté depuis janvier 2017. Comme je l’ai déjà écrit, on est revenu dix ans en arrière et ce n’est évidemment pas pour nous déplaire, même si la concurrence fait aussi peine à voir que Neymar dimanche soir ou que l’équipe d’Arabie Saoudite, laquelle a préparé sa Coupe du Monde en plein ramadan. Débarquer à un Mondial après un mois de ramadan, c’est comme si Guy Parmelin décidait de traverser le Lac Léman à la nage après trois semaines à la Fête des Vignerons ! 

Bref, en tant qu’amoureux de belles confrontations et de suspense, on ne serait pas contre un retour en forme du reste de la meute. Force est de constater que depuis ce stratosphérique et désormais cultissime Federer – Nadal à Melbourne en 2017, peu de matches sont sortis du lot, notamment les finales de Grand Chelem qui furent aussi serrées qu’une élection présidentielle en Chine ou en Corée du Nord, Federer – Cilic mis à part. On suivra donc avec attention les pérégrinations des Wawrinka, Djokovic et autre Murray au tournoi du Queen
s, dont on espère sincèrement un regain de forme.

La Coupe du Monde bat son plein, l’équipe de Suisse passionne les foules mais ne vous inquiétez pas les potes, je ne vais rien rater de cette saison sur gazon et me réjouis de vous raconter tout ça ! 

12.6.18

Onze films d’horreur


…ou onze grosses merdes ! Onze dimanches à voir une Momie dégoulinante et pleine de tocs s’allonger sur le Philippe Chatrier. Onze finales à sens unique où, de Puerta à Thiem en passant par Federer, Djokovic ou Wawrinka, tous se sont brisé les dents contre le taureau des Baléares. Onze discours à la con, onze croquages de coupe, onze fois où l’on aurait mieux fait d’aller à la plage, aux champignons ou chez sa belle-mère plutôt que d’assister à ce massacre. Onze fois où l’on s’est dit «enfin, la saison sur terre battue est terminée». Onze purges, onze chieries, onze pensums, onze daubes, onze Tamedia, onze Sergio Ramos, onze Suisse Ukraine. Onze putains de dimanches de merde.

Comme prévu, Rafael Nadal a donc soulevé sa onzième Coupe des Mousquetaires dans le ciel de Paris dimanche après-midi. J’avais écrit dans mon dernier post que Terminator allait remporter la finale 6-2 6-0 6-1, Thiem a réussi l’exploit de lui chiper six jeux de plus et de perdre presque «honorablement» 6-4 6-3 6-2. C’est toujours moins pire que notre Stan national, lequel avait ramassé 6-2 6-3 6-1 au même stade de la compétition en 2017. Bref, Musclor est simplement trop fort, trop solide, trop complet, trop tout. Trop chiant, aussi. Au revoir, merci et à l’année prochaine pour la Duodécima.

A ce rythme-là, il est fort probable qu’il gagne douze, treize, quatorze, quinze Roland Garros, voire plus… La Bête semble affûtée et affamée comme jamais, motivée comme lors de ses premières années et complètement, mais alors complètement injouable. Le malentendu que j’espérais tant n’a pas eu lieu et même si Schwartzman a réussi à lui piquer un set et Del Potro à le bousculer lors de la première manche, le Monstre n’a jamais tremblé dans un court central aux allures d’abattoir. Comme un boucher qui exécute ses proies les unes après les autres, comme un éditeur zurichois qui liquide un quotidien romand sans le moindre sentiment. 

A trop dominer son sport sur terre battue, Popeye ne rend évidemment pas service au tennis en général et à Roland Garros en particulier. Ce n’est bien sûr pas de sa faute si «l’adversité» est à ce point ridicule, mais force est de constater que ce tournoi n’offre désormais plus aucun suspense, sauf celui de savoir qui se fera démolir par l’ogre de Manacor en finale. Il y a certes eu quelques beaux combats en première semaine, un magnifique Djokovic – Cecchinato sur le court Suzanne-Lenglen mais autrement, tout est à jeter dans cette quinzaine aussi réussie que la candidature de Sion 2026.

A défaut d’émotions, on gardera trois chiffres de cette édition 2018 : 264, comme le classement de Wawrinka au lendemain du tournoi ; onze comme le nombre – forcément record – de Roland Garros remporté par Hulk ; et surtout dix-sept comme celui de titres en Grand Chelem au compteur de Brutus, qui se rapproche ainsi du Maître et lui met un petit coup de pression avant Wimbledon. Allez les amis, merci pour vos commentaires et votre fidélité, on se réjouit de retrouver notre bon vieux gazon et notre Rodgeur national. Putain comme on est heureux de passer à autre chose !

29.5.18

Qu’est-ce qu’on s’emmerde…

 
Après un début de saison hors du commun, marqué par le vingtième Majeur du Maître et son fabuleux come-back sur le trône, le retour sur terre – au propre comme au figuré – donne autant de rêve qu’un samedi soir devant Les Coups de Cœur d’Alain Morisod ou un dimanche après-midi à la Pontaise, là où vingt adolescents pré-pubères ont fait une superbe promotion pour leur livre de chevet, Le Hooliganisme pour les Nuls. Entre les Decima, les Undecima et les Vachiercima de Rafael Nadal, cette deuxième partie de saison nous apporte vraiment, mais alors vraiment aucune émotion. Oui, il y a bien eu un petit frisson lors de la défaite de Musclor à Madrid, laquelle a permis à Rodgeur de passer une semaine de plus dans le fauteuil de numéro 1 mondial. Mais ça reste un petit frisson de rien du tout, comme lorsque tu regardes les résultats de l’Euromillions et que tu t’excites parce que tu as une étoile et deux numéros.

En gros, l’ogre de Manacor a absolument tout gagné, faisant passer ses adversaires pour de simples faire-valoir, des gentils sparring-partners, des Loris Karius ou le Lausanne-Sport en 2018. Franchement, autant annuler ce tournoi de Roland Garros et lui remettre dès demain la Coupe des Mousquetaires, ça nous évitera de regarder ce massacre et d’entendre toutes ces crevettes à l’ail dégoulinantes de fierté crier à la gloire de leur idole...

Dans cet océan d’ennui, l’adversité n’a jamais paru aussi nulle et pathétique : entre un Wawrinka convalescent et déjà éliminé, un Djokovic en quête de son meilleur tennis, un Murray aux soins intensifs, un Federer sur son transat et le reste de la meute soit trop tendre, soit hors de forme, aucun joueur ne semble capable ne serait-ce que de prendre un set à Popeye. Bon, tu me diras que Bolelli n’est pas passé loin, mais on mettra ça sur le compte d’un malentendu… Oui oui, comme ce soir-là en vacances au Cap d’Adge, lorsque tu as roulé des pelles à une magnifique Suédoise qui était à deux pour mille et qui pensait embrasser Brad Pitt, et qui t
’a envoyé péter comme la dernière des merdes quand son taux d’alcoolémie est redescendu. Bref, qu’est-ce qu’on s’emmerde, qu’est-ce qu’on se Geneva Open.

Pffffrrrrr.

On s’emmerde à tel point que c’est Marco Trungelliti, le lucky loser le plus improbable de l’histoire, qui fait le buzz cette semaine à la Porte d’Auteuil. Repêché à la dernière minute, le sympathique Argentin s’est tapé dix heures de route entre Barcelone et Paris le dimanche accompagné par son frère, sa mère et… sa grand-mère de 89 ans ! Cette joyeuse cohorte est arrivée dans la capitale française peu avant minuit et, le lendemain, Marco gagnait son premier tour contre Bernard Tomic. Une très belle histoire, comme celle des pays africains en Coupe du Monde. Tout le monde trouve mignon sur le moment, mais tout le monde l’aura oublié d’ici la fin de la semaine. 

Désolé pour mon humeur les mecs, je pondrai éventuellement un post à la fin de la quinzaine pour évoquer la victoire 6-2 6-0 6-1 de Hulk en finale, à moins d’un tremblement de terre de magnitude 10 sur l’échelle de Richter, lequel pourrait me faire sortir de ma torpeur et de mon aigreur. Ne sait-on jamais, sur un malentendu…

20.3.18

Un grand match et une immense frustration

Oui, cette finale fut grandiose, spectaculaire, un peu folle et pleine de suspense. Elle fut même tendue et électrique, avec quelques bonnes prises de becs ici ou là, ce qui devient malheureusement rare sur le circuit. Une finale qui ne fut pas sans rappeler celle de l'US Open 2009 entre ces deux hommes. Là aussi, notre Rodgeur national s'était énervé contre l'arbitre et avait perdu un certain influx. Là aussi, le Bâlois aurait dû remporter la rencontre et avait les occasions pour le faire. Là aussi, il a fini par perdre et craquer complètement en fin de match. 6-2 à New York dans le cinquième set ; 7-2 à Indian Wells dans le tie-break dont deux horribles doubles fautes. Ou comment solder bêtement une finale.

Oui, les similitudes sont nombreuses et la frustration est tout aussi grande. On était tous franc-fous en septembre 2009, on l'était tout autant dimanche soir devant notre télé. A deux doigts d'exploser l'écran avec ma chope de Paulaner ! Alors que le Maître avait fait le plus dur en signant le break à 5-4 au troisième set et qu'il menait 40-15 sur son service, il s'est totalement fourvoyé. Comment un homme qui a gagné 20 tournois du Grand Chelem peut-il tenter deux amorties aussi moisies sur deux de ses trois balles de match ? Pourquoi n'a-t-il pas demandé le challenge sur ce premier service qui effleure la ligne à 40-30 ? Autant de questions qui resteront sans réponse et qu'on aurait meilleur temps de ranger au placard et d'oublier au plus vite. Tu sais, un peu comme ce premier rendez-vous Tinder qui tourne au vinaigre parce que la miss a omis de te dire qu'elle bégayait et qu'elle portait un appareil dentaire que ne renierait pas une adolescente de 13 ans.

Bien sûr, Juan Martin Del Potro est un superbe vainqueur et on est sincèrement content pour lui. Ce mec, trahi par son corps et – un temps – perdu pour le tennis, revient de nulle part et mérite un tel titre, son premier en Masters 1000. C'est accessoirement un bon type et un joueur qui prend des risques et attaque. Très loin des Nadal, Djokovic et autre Murray qui sont à l'ennui et au jeu de défense ce que Pascal Broulis est à l'évasion fiscale. Et je conclus ici ce paragraphe élogieux (on n'est pas là pour se passer la pommade, merde). 

Aujourd'hui, la déception est immense et il faudra quelques jours pour digérer ces trois balles de match et cette affreuse défaite. Tout était pourtant réuni pour une nouvelle grande victoire après ce tie-break d'anthologie et cette rage – comme c'était beau ! – affichée par le Maître. C'est aussi comme ça qu'on aime le voir : dans le dur, dans la résilience, dans le combat. Comme samedi face au surprenant Coric. Bref, il a manqué un ou deux centimètres, un challenge et un peu de lucidité pour qu'on célèbre cette semaine un 98ème titre et qu'on ressorte la panoplie complète des adjectifs dithyrambiques. On se contentera à la place d'attendre Key Biscayne et de conseiller au Rodg de raser cette vilaine barbe et à Marc Gisclon de mettre un peu plus de niaque dans ses commentaires.