10.4.19

101

Désolé les amis, je suis resté bien silencieux depuis ce centième sacre historique à Dubaï. Rien sur le tournoi d'Indian Wells que j'ai suivi par intermittence et rien non plus sur cette 101ème couronne à Miami, la faute au quart de finale entre Berne et Genève qui m'a complètement passionné et où j'ai perdu dix ans de vie. Putain de merde, on devait les bouffer ces vilains Ours ! Heureusement que le Servette FC a fait le boulot et a renvoyé les milliardaires britanniques de la Pontaise à leurs études... Le Lausanne-Sport a le plus gros budget de la ligue mais n'arrive pas à battre Chiasso et à aligner deux victoires de suite, chapeau les mecs.

Bref, me voici de retour pour commenter brièvement cette tournée américaine qui aurait pu être parfaite pour le Maître. La finale d'Indian Wells contre Dominic Thiem fait partie de ces matches que le Rodg n'aurait jamais perdu il y a quelques années. Une baisse de concentration au début du deuxième set, un relâchement coupable en fin de match et voilà, pour la seconde année consécutive, le premier Masters 1000 de l'année lui file bêtement sous le nez. Toutes proportions gardées, le Bâlois a été victime du syndrome «US Open», là où il a pris la malheureuse habitude d'enchaîner des défaites aussi improbables que rageantes, année après année. Bon, l'US Open et ses dix traumatismes de suite reste incomparable à Indian Wells, mais on peut quand même relever que l'homme aux 20 Majeurs y a perdu les deux dernières finales dans des circonstances rocambolesques.

Après cette frustration dans le désert californien, le Rodg a failli nous refaire le même coup qu'en 2018, soit une défaite dès le premier tour à Key Biscayne face à un parfait inconnu. Il a finalement retroussé ses manches pour battre l'improbable Radu Albot avant de monter en puissance et de s'offrir, du haut de ses 37 ans, une véritable promenade de santé, en mode jogging du dimanche. 6-4 6-2 en huitième, 6-0 6-4 en quart, 6-2 6-4 en demi et 6-1 6-4 en finale : comme à la grande époque, lorsque le Maître explosait tout sur son passage. Impressionnant !

Pour la petite histoire, on retiendra que le plus grand joueur de tous les temps a battu un nouveau record, celui du même Masters 1000 gagné avec le plus d'années d'écart, soit 14 (!) entre Miami 2005 et Miami 2019. En quatorze ans, certains joueurs comme moi ont eu le temps de commencer leur carrière, d'y gagner une quinzaine de titres, de la terminer et de devenir consultant sur une chaîne de télévision... A noter aussi, et c'est très étonnant, que certains matches du Rodg à Miami se sont disputés devant des assistances confidentielles. C'était triste à voir, on se serait cru à Monte-Carlo ou à Roland Garros en début d'après-midi, tu sais, quand les VIP sont encore en train de digérer leurs petits fours et que les tribunes sont aux trois quarts vides... Bref, je dois t'avouer que cette tournée américaine ne m'a pas fait bander ! Elle ne m'a d'ailleurs jamais fait durcir, que ce soit comme joueur ou passionné de tennis, à vrai dire...

Désormais, place à la saison sur terre battue qui, elle aussi, me fait autant rêver qu'une discussion avec quatre altermondialistes au camping du Paléo en écoutant du drum and bass, en fumant un narguilé à la menthe et en buvant du rosé tiède. On ne se réjouit pas, mais alors pas du tout, de revoir Popeye mettre des seilles à tous ses adversaires et à exhiber ses vieux muscles survitaminés. Malgré tout, on se réjouit un peu, voire beaucoup, de revoir le Maître sur la brique pilée de Madrid et encore plus sur celle de la Porte d'Auteuil ! Pour le reste, la télévision restera certainement éteinte. Merci pour vos commentaires les amis et... hop Zoug !

3.3.19

100 !!!

 
Cher Rodgeur, cher ami, cher centenaire,

Tu te rappelles ce dimanche 13 février 2000 à Marseille ? Moi, le vieux, venais de te battre lors de ta toute première finale sur le circuit ATP. Tu avais perdu au tie-break du troisième set, tu étais dégoûté et tu pleurais à chaudes larmes, toi le gamin de 18 ans, puceau en titre ATP et puceau tout court. Moi qui étais ton pote, ton coéquipier en Coupe Davis et, en quelque sorte, ton grand frère tennistique, je t'avais alors dit : «Ne t'en fais pas Rodgeur, tu en gagneras d'autres. Plein d'autres.»

Dix-neuf ans plus tard, presque jour pour jour, tu viens de remporter ton centième titre à Dubaï. 100 !!! Hallucinant, phénoménal, prodigieux, fabuleux, magique, bref, federesque, du nom de l'adjectif que j'aimerais ajouter dans le dico. Comme quoi, j'avais eu raison en ce dimanche de février sur les bords de la Canebière. Sans vouloir me vanter, j'ai d'ailleurs toujours eu raison te concernant. Que ce soit au centre national à Ecublens en 1998, après tes échecs répétés en Grand Chelem en 2002, après ta terrible défaite contre Rafael Nadal à Wimbledon en 2008, après ton année 2013 à un seul titre ou après ta pause de six mois en 2016 : quand certains connards te voyaient alors comme un éternel espoir, puis parlaient de déclin ou, pire, de fin de carrière lorsque tu as commencé à perdre des matches improbables, j'ai toujours cru en toi. Et j'ai eu raison. Cent fois raison. 

Aujourd'hui, tu deviens le second tennisman sur Terre à atteindre ce nombre mythique, après le non moins mythique Jimmy Connors.
Un chiffre fou, complètement fou qui symbolise aussi et surtout ton incroyable longévité, toi qui es toujours aussi amoureux de ton sport, toujours aussi aérien sur un court, toujours aussi heureux d'être là. Tu ajoutes un nouveau chapitre doré à ta propre légende, à ton incomparable palmarès. Comme à l'accoutumé, les hommages, les éloges et les grands titres pleuvent de partout. C'est beau, c'est fort, c'est unique, c'est toi, Roger Federer.

Je te connais, je sais que tu aurais préféré gagner ce centième titre dans ton jardin de Wimbledon, chez toi à Bâle, au Masters face à Djokovic ou à Melbourne contre Nadal. Finalement, c'est dans cet ATP 500 de Dubaï – où tu habites une partie de l'année – que tu as soulevé ce trophée lourd en symbole, et lourd tout court. Je sais que tu aurais préféré une autre cérémonie – plus glorieuse et plus élégante
que celle que t'ont réservé les organisateurs. Décidément, entre ton vingtième Grand Chelem à Melbourne, ton retour sur le trône à Rotterdam et ton centième titre à Dubaï, tu es à chaque fois tombé sur des ânes, pour ne pas dire des illustres trous du cul, qui n'ont pas su être à la hauteur de l'événement. C'est dommage, mais on s'en fout royalement.

J'apprécie ta modestie, Rodgeur, mais je sais que tu mens quand tu déclares ne pas vouloir aller chercher le record des 109 titres de Jimmy Connors. Je te connais, je sais très bien que dans ton for intérieur, au plus profond de toi, tu veux et tu vas aller le chercher, ce record. 9 titres, putain, c'est pas ça qui va te faire peur, même si tu auras 38 balais cet été. Je suis même sûr que tu seras capable de rempiler pour une saison 2021, juste pour gratter ce record qui n'est de loin pas le plus important, mais qui compte quand même dans le monde de la petite balle jaune. Quitte à jouer des ATP 250 en fin de carrière.

Voilà Rodgeur, la vue doit être si belle depuis là-haut. J'ai juste un truc à te dire : «CONTINUE !». Continue tant que tu es en forme et que tu en as l'envie. Continue de nous faire rêver, de nous régaler, de nous extasier. Continue d'être l'idole, la légende vivante, l'icône ultime de ce sport. L'exemple et le modèle à suivre pour tous ces enfants qui jouent au tennis. Bref, continue à t'amuser, à prendre du plaisir et, j'en suis sûr, ce record tombera naturellement. Comme tous les autres en somme. Non content d'être éternel, tu es désormais centenaire. Tu es 100sationnel, mon pote, mon Rodgeur.

27.1.19

L'Humiliation avec un grand H

6-3 6-2 6-3. Non, ce n'est pas le score d'un premier tour entre une tête de série et un qualifié, mais bien le score de la finale de l'Open d'Australie 2019 entre le numéro 1 et le numéro 2 mondial. Une baffe, une raclée, une branlée, une fessée, un uppercut, un PSG – Guingamp, un Allemagne – Brésil, un black qui encule une naine, bref, une Humiliation historique. Avec un gros H comme Honte, Homicide, Hardcore et «Hey les crevettes à l'ail, ça fait moins les malins aujourd'hui ?»

Dimanche soir, il n'y a pas eu de match sur la Rod Laver Arena entre le grand Novak Djokovic et le petit Rafael Nadal. Le maître et l'élève. Le professeur et l'étudiant. Le papa et le gamin. Rocco Siffredi et ton pote vietnamien à la micro-bite. A l'image de sa demi-finale, le coton-tige a marché sur l'eau et a fait tout juste, mais alors tout, du premier au dernier point. Une statistique, une seule, pour résumer le degré de perfection atteint par le désormais septuple vainqueur du tournoi : le Serbe a commis 14 fautes directes en demi et en finale. Oui oui tu as bien lu, 14 fautes en deux matches, soit 5 contre Pouille et 9 contre Nadal... A ce niveau-là, ce n'est plus du tennis, c'est de la Playstation !

Une impressionnante démonstration de force qui fera date et qui laissera probablement des traces. J'en suis resté à la fois bouche bée et sur ma faim. Bouché bée devant la facilité de la machine de Belgrade. Sur ma faim car j'espérais un tout autre match entre ces deux monstres, genre un remake de Melbourne 2012 ou Wimbledon 2018, il n'en fut rien. Ce court de tennis était en ring de boxe, ce Nadal-là n'était qu'un vulgaire sparring-partner, un essuie-glace à peine capable de lui renvoyer quelques balles. Cette finale n'a donc pas sauvé une édition 2019 de petite facture, où les beaux matches n'ont pas été légions, où les night sessions ont manqué de panache et où ce super tie-break ne m'a pas convaincu. Personnellement, j'ai toujours aimé ces matches de dingue avec des 18-16 ou 26-24 au cinquième set. Sans parler du cultissime 70-68 entre Isner et Mahut... Force est de constater que ces scénarios de fou ont manqué cette année à Melbourne.

Bref, Djokoboss était trop fort, mille fois trop fort pour un Popeye qui a subi ce qu'il fait généralement subir à ses proies en finale de Roland Garros. La Momie n'avait jamais pris une telle raclée en finale de Grand Chelem et, à vrai dire, je l'ai rarement vu aussi perdu sur un court. La bonne nouvelle pour tous les fans de Rodgeur, c'est évidemment que Musclor reste bloqué à 17 Majeurs et, si le Serbe continue comme ça cette saison, l'Espagnol ne pourra compter que sur son traditionnel sacre à la Porte d'Auteuil pour rattraper son retard. Et encore, rien ne dit que le sosie de Joe Dalton ne gagne pas cette année à Paris. Si la finale devait à nouveau les opposer, je miserais bien une pièce sur une victoire de Djokobite.

Un Djokobite qui entre encore un peu plus dans l'histoire de son sport, dépassant Pete Sampras dans le record des records, celui des titres en Grand Chelem. Le record qui désignera, lorsque les trois monstres de la petite balle jaune auront rangé leur raquette, le plus grand joueur de tous les temps. A 31 ans, fort de ses 15 couronnes majeures, le natif de Belgrade a encore de belles années devant lui et se profile, selon moi, comme le plus grand danger pour Federer. Le mec est affamé, injouable, plus fort que jamais. Oui, il me fait très peur. Je suis même en train de me dire que ce Djokovic-là est meilleur que celui de 2011, tu sais, celui qui avait fini la saison avec un ratio de 70 victoires pour 6 défaites. J'espère évidemment me tromper. J'espère aussi et surtout qu'un joueur de la Next Gen pourra se mêler à la bagarre et gagner un Majeur cette année. A l'heure où j'écris ces quelques lignes, on en est très loin.

Allez les gars, merci pour vos commentaires et pour votre passion, vous faites vraiment plaisir. A très vite pour de nouvelles aventures !

20.1.19

Anderson, Millman, Tsitsipas : copier / coller

 
J’aurais pu utiliser le même titre qu’en septembre dernier après le traumatisme new-yorkais : Rodgeur n’est plus un tueur. Comme face à Anderson à Wimbledon et Millman à l'US Open, le Maître n’a su tuer ce match quand il en avait les occasions et laisse filer une rencontre qui était largement à sa portée. Les regrets sont immenses, surtout quand on pense à ce deuxième set où le Bâlois a galvaudé huit (!) balles de break, dont quatre sur des balles de set. A en devenir fou, à vouloir balancer sa télé par le balcon et à dégueuler ton houmous de la veille.

La suite, on la connaît, on la sentait d’ailleurs en voyant Rodgeur afficher sa tête des mauvais jours à partir du tie-break de la deuxième manche. Sa tête des mauvais jours qu’on déteste et qui symbolise parfaitement son état d’esprit quand il est dans un jour sans : frustration, impuissance, énervement. Il y avait un peu de tout ça cette nuit sur la Rod Laver Arena. Frustration de ne convertir aucune de ses douze balles de break, impuissance face aux coups de canon du Grec, énervement contre son jeu et surtout contre son coup droit, lequel l'a complètement trahi (40 erreurs directes, 40 !) en ce dimanche de triste facture.

Résultat des courses, on est comme des supporters de Guingamp aujourd’hui : le cul tout rouge après avoir pris une méchante fessée. Cet Open d’Australie est déjà fini pour les Suisses et la deuxième semaine n’a même pas encore commencé... Sors de ce corps, tennis français. Pourtant, autant Stan que Rodg semblaient affûtés, frais, motivés, capables d’aller loin dans ce tournoi. Ils prennent la porte dans des circonstances quasiment identiques, en ayant mal négocié deux-trois points et en étant tombé sur des os. A un jeu et quelques minutes près, leurs défaites sont des soeurs jumelles. Quelles salopes.

Reste à saluer la magnifique prestation de Stefanos Tsitsipas, l’un des joueurs les plus prometteurs de cette fameuse Next Gen. Le grand pin de Athènes signe le plus beau succès de sa carrière et n’a rien volé aujourd’hui. «Je suis l’homme le plus heureux sur terre» a-t-il dit au micro de John McEnroe. Qu’il en profite et qu’il ne lâche rien. Et s’il peut continuer comme ça et battre deux Espagnols coup sur coup, ben je te promets d’écrire un post en grec ancien et de prendre une cuite à l’Ouzo !

Bref, putain de dimanche de merde. Tout ce qu'il nous reste pour vibrer un peu en allumant la télé est d’espérer que Nadal ne gagne pas son 18ème Majeur et, accessoirement, espérer une autre finale qu’un énième Djokovic - Nadal. Perso, je signe les yeux fermés pour un Zverev - Tsitsipas, voire même un Coric - Bautista Agut. Je prends même un Pouille - Tiafoe avec plaisir. Désolé les mecs, je ne suis pas drôle aujourd'hui, ça fait quand même mal de se faire prendre par un Grec. À sec, par derrière et par surprise.

15.1.19

Putain Andy, tu vas quand même nous manquer

Non, ce n'est pas le joueur le plus élégant, ni le plus romantique. Ce n'est pas non plus le mec le plus sympathique ni le plus souriant, et sa tronche d'éternel grincheux nous a souvent agacé. Comme sa mère Judy, celle qu'on aurait bien empoisonné à coups de somnifères, le sosie de Frankenstein est une vraie tête à claques. Son jeu est insipide, manque de folie et ses nombreuses défaites face à Djokobite nous ont parfois rendu fous, notamment en finale de l'Open d'Australie où l'Ecossais a perdu un record de cinq finales (!), dont quatre face au sosie de Joe Dalton. Bref, on aimait le détester et l'insulter, comme lors de ce huitième de finale stratosphérique à Wimbledon contre notre Stan national en 2009. Mais putain, il va quand même nous manquer, ce con.

Oui, il va nous manquer et il va manquer au monde du tennis, tout simplement. Parce que, derrière tous ses défauts, se cachaient un homme au grand coeur, un combattant hors norme et un beau champion. Un hargneux, un gueulard qui aura réussi quelques coups d'éclat et dont le bilan force le respect avec trois titres en Grand Chelem (pour huit finales perdues...), quatorze Masters 1000, une Coupe Davis, un Masters, deux médailles d'or aux Jeux Olympiques et une place de numéro 1 mondial qu'il paie aujourd'hui au prix fort. Bien sûr, son palmarès aurait pu être autrement plus impressionnant si sa carrière n'avait pas croisé celle de Federer, Nadal et Djokovic au faîte de leur gloire. Mais bon, cette théorie à deux balles est également valable pour ces trois-là. Et comme on dit, avec des «si» je serais un vegan de gauche, prof de yoga et membre de l'église évangélique de Plainpalais.

Ainsi donc, celui qui a ressuscité le tennis britannique et fut le digne successeur de Fred Perry a annoncé sa retraite cette semaine, lors d'une conférence de presse bouleversante. S'en est suivi son dernier match sur le circuit face à Bautista Agut où l'ex-protégé d'Ivan Lendl, fidèle à lui-même, a livré un combat homérique, se battant comme un dératé pour gratter quelques jeux, quelques minutes d'adrénaline supplémentaires sur le court et ne lâchant prise qu'au cinquième set, sous les vivats d'un public complètement acquis à sa cause lui ayant réservé un accueil triomphal, sans parler de l'hystérie collective qui a régné dans le stade après sa victoire dans les troisième et quatrième sets. C'était beau, fort, émouvant, puissant. Cette dernière avait de la gueule, et ça fait quand même vraiment chier de l'écrire. Une dernière qui aurait clairement mérité les honneurs et les projecteurs de la Rod Laver Arena, mais il ne faut pas demander aux Australiens de trop réfléchir.

Reste une toute petite chance de le revoir encore à Wimbledon cet été, pour un ultime tour de piste et un hommage à la hauteur de sa carrière, sur le Central cette fois, car les Anglais, eux, sauront mettre leur cerveau sur «on». On espère sincèrement le retrouver sur le gazon du All England Club en juin et, si ce n'est pas le cas, si sa hanche ne tient pas le coup, eh bien au revoir et merci Andy. Sans toi, il n'y aurait jamais eu de Big Four, jamais eu 15'000 personnes pour un match de Coupe Davis
à Glasgow, jamais eu autant de larmes – de joie ou de tristesse – à Church Road. Sans toi, Wimbledon serait resté une citadelle imprenable et une immense frustration pour toute une nation, à l'image de Roland Garros pour les Français. Sans toi, ta mère serait restée une conne. Grâce à toi, elle est devenue une conne célèbre. 

Tu as moins de talent et de charisme que Federer ou Nadal, mais une volonté et un mental à toute épreuve. Tu as 31 ans aujourd'hui et tu prends déjà ta retraite. Putain de hanche en carton, putain de destin. Allez Andy, la bière aura peut-être meilleur goût désormais, et tu pourras surtout en boire sans te soucier du lendemain. Je lève la mienne à ta santé, à ta carrière et à la suite de ta vie, vieux grincheux !

7.1.19

Premiers frissons de 2019

Un samedi quelconque de janvier, en training dans mon appart, les stores baissés, le cendrier plein, le frigo vide, beau vaseux de la veille, cinq cafés et trois clopes dans le gosier, un bon vieux commentaire de Pierre-Alain Dupuis depuis sa cabine à Genève : le tableau ne faisait pas rêver, et pourtant j’ai fini debout dans mon salon, le poing brandi après la balle de match remportée par les Benderer ! On appelle ça la magie du sport, la passion du tennis, l’amour de Roger Federer.

Eh oui, comme toi peut-être, j’ai vibré pour cette Hopman Cup (enfin, n’exagérons quand même pas), j’ai vibré pour la finale de cette Hopman Cup et, surtout, pour ces deux derniers points. Cette balle de match sauvée par le Maitre avant ce «deciding point» complètement fou, où Belinda et Rodgeur se sont mués en muraille derrière le filet. Ça reste un tournoi exhibition où certains joueurs semblent prolonger leurs vacances, mais c’était beau de voir cette gamine de 21 ans sauter dans les bras du plus grand joueur de tous les temps. Un bonheur simple et sincère, comme lorsqu'un agriculteur de Picardie nous raconte sa love story dans L'Amour est dans le pré un lundi soir sur M6.

L’année commence donc parfaitement bien pour le tennis helvétique en général et pour notre Rodgeur national en particulier. Le Bâlois a paru très en jambes à Perth, gagnant tous ses matches avec autorité et panache, notamment celui face à Alexander Zverev en finale. De bon augure pour cet Open d’Australie où le double tenant du titre sera évidemment très attendu. Autant le dire tout de suite, signer le triplé serait un immense exploit et une assez grosse surprise. Comme en 2018, il faudra un alignement des étoiles quasi parfait : un tirage au sort abordable, des matchs en night-session et quelques couacs chez les favoris. Enfin, chez Popeye et Djokobite surtout.

De son côté, Wawrinka semble attaquer cette saison 2019 avec plus de certitudes qu'en 2018, ce qui n'est pas difficile. Le Vaudois a passé deux tours à Doha avant de craquer contre le futur vainqueur. C'est désormais à l'Open d'Australie, où Stanislas est devenu Stan The Man un dimanche de grâce de janvier 2014, qu'on espère le revoir retrouver les sommets et tutoyer les étoiles. Il faudra bien sûr compter sur un coup de pouce du destin puisque l'homme aux trois tournois du Grand Chelem ne sera pas classé tête de série. Et au pire, s'il chope Djokovic au premier tour, soyons assez fous pour croire à l'exploit !

Enfin, un dernier paragraphe pour répondre à la question de Thierry Fangio dans les commentaires, pas grand-chose à dire sur la phrase de Rodgeur qui a fait frémir la planète tennis. Voilà les amis, le jour tant redouté où le Maître va annoncer sa retraire va bien finir par arriver. Perso, je le vois encore jouer jusqu'en... 2021, l'année de ses 40 ans. Après, tout dépendra de sa condition physique... Mais s'il est encore frais dans sa tête et dans son corps, il pourrait bien nous offrir une ou deux saisons de bonus après ses 40 piges. Il en est capable et, le connaissant, je suis sûr qu'il en a envie. Chiche !

25.11.18

La revanche des Croates

Bien malheureusement, la dernière finale de la grande histoire de la Coupe Davis (#fuckpiqué) n'a pas tenu ses promesses. La faute à des Croates trop forts ou des Français trop faibles, c'est selon. J'opterais plutôt pour la deuxième option tant les Bleus ont fait peine à voir ce week-end. L'équipe de double mise à part, les trois joueurs de simple ont alterné impuissance, tristesse et maladresse. Une belle bande de Gérard Piqué. Une statistique suffit à symboliser ce désastre : Chardy, Tsonga et Pouille ont été incapables de signer le moindre break durant tout le week-end. Pire, le soi-disant leader de cette équipe, Lucas Pouille, ne s'est pas procuré la moindre balle de break face au numéro 7 mondial. Facile, trop facile pour des Croates qui prennent ainsi leur revanche de la Coupe du Monde et qui soulèvent leur deuxième, pardon, leur second Saladier d'Argent.

Après leur victoire de 2017 grâce à un tableau décimé et l'éternelle chatte à Noah, les Bleus ont endossé leur costume habituel, celui de losers. Cette lourde défaite est aussi la confirmation que le tennis tricolore traverse une période ô combien compliquée. Aucun joueur dans le Top 20, une relève plus que jamais absente et des performances en Grand Chelem pathétiques, lesquelles valent mieux qu'un long discours : aucun quart de finale au compteur en 2018 et un seul en 2017, le pauvre Tsonga en Australie... Lucas Pouille, celui que certains annonçaient comme la locomotive du tennis français, pointe à une misérable 32ème place et, à le voir se faire promener sur le court par Marin Cilic ce dimanche, il ne devrait guère progresser.

Le son de cloche est évidemment tout autre du côté de la Croatie, ce grand pays de tennis et de sport en général. Avec un leader comme Cilic et un espoir comme Coric, dignes successeurs de Ivan Ljubicic et
Mario Ancic, titrés en 2005 contre la Slovaquie, le tennis croate est en pleine bourre et constitue un magnifique vainqueur de cette feu Coupe Davis. Une compétition qui aurait mérité un autre scénario pour sa 107ème et dernière édition (#fuckpiqué) et, surtout, une opposition plus féroce que celle proposée par les Pieds Nickelés de Yannick Noah. Des Français qui, à défaut d'être bons sur le court, auront au moins eu le mérite d'avoir su tacler la nouvelle formule de la compétition avec rage et rancœur, Mahut et Noah en tête. Bien joué les mecs.

Voilà les amis, l'heure est grave et la douce euphorie de dimanche dernier est bel et bien retombée. La Coupe Davis est morte, le rideau est tombé, les larmes peuvent couler et le deuil commencer... On ne revivra plus jamais un week-end comme celui-là. Plus jamais. Ce format était magique ; ce format a été crucifié sur l'autel du roi dollar. Ne reste plus qu'à espérer que Gérard Piqué et son équipe de Serge se foirent complètement en 2019. Que les meilleurs joueurs du monde snobent leur coupe du monde et qu'on en parle le moins possible. Ne compte évidemment pas sur moi pour regarder ou commenter ce doigt d'honneur au tennis, cette merde sans nom, cette ignominie orchestrée par le plus gros connard du sport moderne. Je ne leur souhaite que du malheur. #FUCKPIQUÉ