Appelez-moi le chat noir...

Rafa nous a donc rappelé combien lui et Rodgeur viennent d’une autre planète. Combien quand ils sont au sommet de leur art, il n’y a que l’un ou l’autre pour être en face et offrir du spectacle. Tu m’excuseras pour Berdych mais hier, c’était un clown sur ce court... Un pauvre clown sans moyen et sans inspiration, asphyxié en bonne et due forme par un Nadal en pleine bourre. Un ogre de Manacor qui a à peine dû augmenter le niveau de son jeu pour laminer Perdych et qui est en train de dominer son sport comme le Rodgeur de la grande époque, à la différence près que le Bâlois n’avait pas gagné Roland Garros durant ses grandes années alors que Popeye, lui, semble être en mesure de tout gagner. Y compris l’US Open, mais on en reparlera en août et pas avant.
On peut l’écrire sans avoir peur de se tromper, Nadal est plus que jamais sur les traces du Maître. Avec 8 titres du Grand Chelem à seulement 24 ans, il est même en avance par rapport au Suisse et quand on voit la faiblesse de l’adversité, il a tout pour y arriver. Ce n’est en tout cas pas Djokobite et ses états d’âme, Murray et sa dépression, Del Potro et son physique en porcelaine, Söderling et son jeu stéréotypé ou les quatre guignols, oh pardon, les quatre mousquetaires qui vont le contrer… Qu’il est loin le temps où Djokotruite en pleine confiance, sûr de son tennis et de ses moyens, hurlait sur tous les toits qu’un jour son tour viendrait. Lui ça fait 20 fois qu’on lui redemande de passer par la case start. Murray ou plutôt Dumbo les grandes oreilles ? Quand Roger sera à la retraite et quand Nadal sera blessé, il aura peut-être une chance de remporter un Grand Chelem, mais autrement qu'il continue à tirer la gueule à longueur de tournoi... En synthèse, pour contrer un Nadal en grande forme, il ne reste que Rodgeur en fait ! Mais à l’heure où je parle, le numéro 3 mondial doit probablement être en train de chercher un cadeau d’anniversaire pour ses jumelles plutôt qu’un nouveau coach…
L’autre question, toujours aussi éternelle, est de savoir si le corps de la Momie tiendra le coup. Impossible de le dire aujourd’hui, mais force est de constater que l’Espagnol gère désormais son calendrier à la perfection. Finis les week-ends de Coupe Davis harassants, finis les tournois de seconde zone, le numéro 1 mondial n’a plus de leçons à recevoir de personne. Maintenant, et vous m’excuserez amis espagnols, mais je fais aussi partie des gens qui pensent que les piqures de son début de carrière, que le rythme et l’énergie dépensés à l’époque l’ont durablement endommagé. Qu’il y a des choses qui ne s’effacent pas comme ça et que son genou – si choyé soit-il – ne tiendra la distance...
En tous les cas, la planète tennis a encore de beaux jours devant elle, si bien sûr Rodgeur retrouve de sa superbe et si Popeye ne se blesse pas ! Parce qu’honnêtement, le jour où Djokobite, Berdych, Tsonga ou je ne sais quel besogneux de cette génération s’affronteront en finale de Grand Chelem, il ne faudra plus compter sur moi et mes conneries. En attendant, bon été et bonne fin de Coupe du Monde à tous ! Que le meilleur gagne... à part les crevettes à l'ail bien sûr.