La leçon du Maître au petit Jo-Wilfried

Voilà, Tsonga a pris une rouste, une claque, une baffe, une valse, une danse, ou plutôt : une leçon de tennis du Maître ! Lobs, amorties, passing-shots, smashes, gifles de coup droit, premiers services assassins... Rodgeur a étalé toute sa maestria lors de ce match qui n’en fut pas un, tant le Bâlois a dominé les débats de la première à la dernière balle, tant le Français a été dépassé par les événements, tel Roddick sur ce même stade en 2007. Le «mousquetaire» a donc eu tout loisir de mesurer le gouffre qui sépare un mec qui rêve de devenir numéro 1 mondial (Djokochèvre) à un autre qui l’a été pendant 268 semaines. Et qui le sera encore pour un bon moment !
Que dire de plus sur cette démonstration ? Ben que c’était quand même quelque part chiant à mourir... Que Jo, perdu au milieu de ce Central, me faisait presque de la peine. Il l’a clamé en toute humilité avant le match : il voulait mettre Federer dans le dur, le bouger, aller au combat, arriver sur le terrain le couteau entre les dents... Ben autant te dire que ce n’est pas sur un tricycle brinquebalant, un couteau en plastique entre les dents qu’on va renverser le semi-remorque du numéro 1 mondial et le saigner. Bref, c’est bien joli d’aller faire ses courses dans une caisse d’épargne du sud de l’Espagne ou de faire le coup du bélier dans un supermarché serbe et de se monter le chou, mais le coffre-fort d’une banque suisse, c’est une autre dimension ! Qu’il en parle à Sarkozy, peut-être lui conseillera-t-il de voler quelques fichiers...
Bref, le petit gars du Mans a encore du boulot et il le sait. Il va vraiment falloir qu’il s’y mette dur et avaler les kilomètres. Parce qu’honnêtement, quand ton jeu est basé sur le physique, le combat, après l’avoir clamé haut et fort, tu ne peux pas arriver sur le court comme aujourd’hui et regarder passer le train avec une mobilité et un punch dignes des vaches de l’arrière-pays fribourgeois. Une demi-finale hommes en à peine 1h30, c’est une escroquerie, une grande déception. Tant mieux pour Rodg, il arrivera en finale frais et dispo avec le plein de confiance et en toute décontraction, comme en témoigne son speech à la fin du match.
Sinon, on en a encore eu la confirmation aujourd'hui, qu’il soit dans un stade de football, tennis, handball ou tir à l’arc, le supporter français est la personnification du beauf. Non mais tu les as vu ces illuminés avec le visage grimé en bleu-blanc-rouge et un béret sur la tête ? A l’image de leur protégé sur le court, ils me faisaient de la peine. Dire que ce sont ces mêmes guignols qui nous traitent de petits Suisses, qui rient de nos cloches et de notre chocolat, ces mêmes nazes qui nous prennent de haut. C’est l’hôpital qui se fout de la charité, c’est Gérard Jugnot qui rigole du physique de Brad Pitt ! Bref, j’en ai profité pour allumer un petit groupe à la sortie du court : «Hé les Français moyens, vous avez vraiment l’air de rien ! Moyennant une baguette et un saucisson, je suis sûr que vous avez toutes vos chances au casting de Justin Bridou ! Et faites gaffe en vous baignant dans la mer : il paraît que les requins australiens adorent bouffer les blaireaux !» Ni une ni deux, ils ont foncé tête baissée en ma direction… Manque de bol pour eux, en voulant se jeter sur moi, ils ont bousculé Arnold et Peter, deux rugbymen aussie à moitié ronds, qui se sont occupés de leur laisser un joli souvenir des Antipodes…
Dimanche, Federer va donc affronter le joueur qu’il déteste le plus sur le circuit : Dumbo les grandes oreilles. De multiples objectifs se dressent devant lui : laver les larmes et l’affront de 2009, effacer la défaite rageante et inexcusable du dernier US Open, renvoyer à ses études Andy Murray et sa conne de mère et, bien sûr, gagner son 16ème tournoi du Grand Chelem et augmenter encore son fabuleux record. Ce n’est pas rien !
D’ici là je vais aller fêter cette victoire avec Pierre-Alain Dupuis ! Notre commentateur vedette est sur un nuage depuis hier et la conférence de presse de Steve Jobs : «T’as vu ça Marc ?» «Le décolleté de la serveuse ?» «Mais non, t’es con... Il y a un ordinateur à mon nom : l’iPAD, c’est dingue ça ! Je te dis, je suis une star planétaire, je vais d’ailleurs contacter Apple pour demander des droits d’auteur !» Putain je te promets, il y en a deux qui me font rêver en ce moment, c’est Rodgeur et Pierre-Alain !