Non mais merde

Inutile de dire que je me fais allumer de toutes parts depuis hier après-midi… Du journaliste de Tennis Mag’ à Arnaud Clément en passant par mes potes frocards de la Cité de Calvin, ils m’ont tous chauffé ces nazes. J’ai bien dit tous ! Perdre contre Djokobite ou Popeye ok, mais là, contre le chouchou de tous ces coqs sur pattes… Non mais merde. Voir le sosie de Mohammed Ali nous faire son show sur le Central… voir la une de L’Equipe ce matin… voir la tête heureuse de tous les frontaliers qui traînent sur Genève… Non mais merde, ça la fout vraiment mal.
Non mais merde Rodg, tu ne pouvais pas nous faire ça. Putain, ma fin de semaine est foutue, mon dimanche est à jeter à la poubelle et, pour te montrer à quel point je suis au bout du fart, je crois bien que je vais tenir pour Djokobite et Frankenstein désormais ! Appelle-moi un psy, rien ne va plus.
Le Bâlois perd donc une seconde fois consécutive en quart de finale à Wimbledon. Qu’il le veuille ou non, c’est un énorme camouflet. Une gifle monumentale. Quand tu mènes 2 sets à 0 contre le 19e mondial, fût-il en état de grâce, tu ne perds pas le match. Alors qu’il avait déclaré que «Wimbledon était son objectif no1», le voilà dehors avant le dernier carré et il n’a même pas l’air si déçu que ça. Ce n’est plus le Maître son surnom, mais plutôt Mr. Positif, Mr. Zen ou Mr. Take it easy. En tout cas chapeau, réussir à digérer aussi bien ce genre de défaite, c’est un signe d’optimisme hallucinant. C’est l’une des forces du Rodg, dit-on. Perso, ça a presque tendance à m’agacer… mais passons.
Plus sérieusement, Tsonga a envoyé du lourd. Il a presque été injouable sur son service. Il a bougé et a bougé le Suisse comme jamais. Il a cloué de quelques coups droits surpuissants Rodgeur dans son jardin. Donc on ne va pas le cacher et bouder le plaisir de nos amis français, Tsonga a sorti LE match et sa victoire est tout sauf volée. Et loin d’avoir des mauvais pressentiments, on sentait bien le Français capable de quelque chose. Mais de là à gagner ce match contre le sextuple vainqueur du tournoi, il y a des pas qui sont difficilement franchissables et acceptables.
Honnêtement, le Rodg a joué les 3 derniers sets en maîtrise, comme si rien ne pouvait lui arriver. Il nous a même sorti dès le 4ème set sa gueule des mauvais jours. Celle qui figure sur toutes les photos de ses défaites contre Nadal. La gueule qui rend fou la moitié de la Suisse et le 100% de ses supporters. La tête dans les épaules, il n’a à aucun moment montré qu’il tentait de reprendre l’ascendant. Alors bon, je veux bien qu’après deux heures de jeu sur terre battue, en face d’un bouffeur de tapas qui te sert systématiquement à 2 mètres côté revers et qui te pilonne ce même revers sur chaque coup, sans s’arrêter, sans même se lasser, tu finisses par poser les plaques et tirer la gueule. Mais contre Tsonga à Wimbledon, la pilule est dure à avaler. La désillusion est d’autant plus frustrante. Et la réalité est ma foi bien douloureuse.
Alors en lieu et place de remplir mon salon de potes, de charger mon frigo de bières et de commander des plateaux de viande froide à mon ami traiteur, j’irai dimanche comme tous les beaufs déambuler au bord d’une piscine. VDM.