Une équipe, une vraie !

Plus sérieusement, ce que viennent de réaliser nos champions olympiques, c’est une putain de performance. Peut-être pas un exploit, mais une performance qui fera date et qui restera gravée dans le livre d’or de l’équipe suisse de Coupe Davis. Au même titre que nos succès passés à Nîmes, Toulouse ou autre Arnhem, c’est le genre de victoires qui marquent les esprits. Certes, nos deux joueurs étaient archi-favoris sur le papier ; ce n’est pas un has-been et un puceau avec 3 poils au menton qui allaient leur faire peur. Reste qu’aller battre l’Australie sur ses terres, en plein hiver, sur «gazon» et ceci quelques jours après l’US Open, c’est une perf’ magnifique pour un pays comme le nôtre.
L’Australie nous a tendu un piège, on a su l’éviter avec brio et avec une paire de couilles que ne renierait pas DSK. Et qu’on ne vienne pas me dire que Pat Rafter est fair-play parce qu’il est venu serrer la main des Suisses après la rencontre, ce mec est à la sportivité ce que M. Pokora est à la musique. Rafter fut jadis un grand champion, c’est aujourd’hui un capitaine de seconde zone à qui je donne autant de crédit qu’au dernier clip de Frédéric Recrosio. Tiens, c’est ici si tu veux te marrer un coup…
C’est en tout cas une victoire qui change tout et qui nous offre les plus belles perspectives pour 2012. Avec un Rodgeur qui a peut-être fait du Saladier d’Argent l’un de ses objectifs, avec un Stan qui a prouvé au pays et surtout à Federer qu’il pouvait gagner au moins un point, c’est avec ambition et panache qu’on abordera la campagne 2012 ! Et franchement, quand je vois la passion qu’il y avait sur le banc helvétique lors du cinquième match, je me dis que ce groupe vit bien. Voir Rodgeur pousser des gueulées et serrer du poing, c’est l’une des images fortes du week-end. L’autre image forte, c’est bien sûr la victoire héroïque de notre Stan national. Le gamin a signé LA victoire de sa vie en Coupe Davis. Le match qui le fait entrer dans le cercle fermé des «vainqueurs de 5ème match décisif», là où des Paul-Henri Mathieu, Mickaël Llodra ou autre George Bastl n’auront jamais leur place. Je ne discrédite pas ses victoires mémorables contre Blake et Almagro dans la compétition, mais celle obtenue face à Hewitt est d’une autre dimension. Ce n’est pas rien et je suis sûr que le Vaudois sortira grandi de ce barrage. Et dans ce sens sa séparation d’avec Lundgren est plutôt une bonne nouvelle.
Maintenant, je m’enflamme un peu. J’aimerais voir Rodgeur en faire une priorité de cette Coupe Davis mais c’est loin d’être sûr. Tu me diras qu’à passé 30 ans, c’est un minimum. Mais force est de constater que l’an prochain, l’objectif numéro 1 du Maître, Grand Chelem mis à part, c’est une médaille d’or aux Jeux Olympiques en simple. On peut donc légitimement se poser la question de la place de la Coupe Davis. Il faudrait pourtant qu’il y attache une attention toute particulière. Parce que qu’on le veuille ou non, ce n’est pas du premier coup qu’on la gagnera, si on doit la gagner un jour. C’est le drame de cette équipe, mais nous restons malheureusement dans l’expectative, dans l’attente d’une décision plus ou moins claire de la part de Rodgeur.
Ce sera sans doute une question de tirage au sort. En fonction du possible chemin que nous pourrons parcourir et des équipes qui seront en face. Et si on regarde le grand tableau, si on regarde la finale de cette année, il y a des raisons d’y croire. Certes l’Espagne fait figure d’épouvantail, surtout à domicile. Mais tant la France que l’Argentine ou la Serbie sont sans doute à notre portée. A condition bien entendu que le double tienne la route et que l’on s’appuie sur les performances de ce week-end pour y croire. Bref, ce que l’on sait aujourd’hui, c’est qu’une vraie équipe est née à Sydney et qu’on est de retour dans la cour des grands, merci et bravo les gars !