Profondément énervé

Bref, à part dans la loge de la vieille carabine et du duc de je-sais-pas-quoi, les traditions ancestrales étaient hier soir aussi présentes et respectées que dans les bordels de Soho ou les banlieues de Liverpool… On ne va pas faire de généralités, mais à quoi ça sert de jouer en blanc, de se prosterner, de s’attendre à la sortie si c’est pour jouer au milieu de bovins dont l’attention pour le thé et l’After Eight est aussi développée que celle de Ted Robert, Paul McBonvin ou Alain Morisod ? Bref, qu’on arrête de dire que le public de Wimbledon est le plus fair-play du monde, c’est un juste un ramassis de footeux-rugbymen frustrés de 40 ans de défaites et potentiellement excités par la victoire d’un joueur aux oreilles de Dumbo et au charisme d’un postier de Newcastle !
Aussi, force est de reconnaître que Murray a tout fait pour exciter ces ânes. Alors que la Grande Bretagne nous avait enfanté le joueur le plus respectueux de tous les temps, j’ai nommé Monsieur Tim Henman, cette même nation vient de nous pondre le tennisman le plus infect du circuit. Tu l’as compris, je le déteste cet Ecossais, j’ai même chopé la murraynucléose ! Cette antithèse du gentleman fait d’ailleurs une entrée fracassante à la première place de mon Top 3, devant Djokobite et Leurfils ! Et je ne parlerai pas de son commentaire à la fin du match où, avec sa voix de mouton égorgé, il ferait passer un hooligan de West Ham pour un Prix Nobel… Laissons-lui quand même le mérite d’avoir joué des coups incroyables dans les moments chauds, comme son lob dans le dernier set. Même s’il était largement prenable hier soir, ça reste un client pour la victoire finale.
Sinon, que dire sur cette défaite ? Stan est passé à côté du plus bel exploit de sa carrière. S’il peut retenir de nombreux points positifs de cet échec, il pourra également passer à la Fnac et s’acheter le livre «Comment concrétiser une balle de break pour les Nuls». Aux deuxième et troisième sets, il a eu cinq énormes occasions de prendre le service du numéro 3 mondial et de faire la course en tête. Las, le Vaudois a échoué à chaque fois par précipitation ou manque de lucidité. Au total, ce n’est pas moins de 14 (!) balles de break qu’il a ratées au cours de cette lutte acharnée… Les regrets seront éternels. Rageant !
Maigre consolation pour le gamin, il a été l’un des deux acteurs du plus beau duel de la quinzaine, et de loin. Un match qui entre de plain-pied dans la légende de Wimbledon en étant la première rencontre disputée en «indoor» et en night session, et perso, j’ai trouvé ça exaltant !
Voilà, déception ou pas, ce match a parfaitement lancé la deuxième semaine et enfin offert des émotions aux spectateurs. Les quarts de finale s’annoncent désormais somptueux avec, dans le haut du tableau, un choc entre deux ex-numéros 1 mondiaux et un Ferrero-Murray qui sera forcément très chaud. De l’autre côté, le Haas-Djokotruite mais surtout le Karlovic-Federer sentent la poudre. Le Bâlois a donc rendez-vous avec le plus grand serveur du circuit et ça n’a vraiment pas l’air de lui faire plaisir. Une rencontre qui pue les trois ou quatre tie-breaks et où le Suisse devra être plus patient et malin que jamais. Allez Rodg, reste zen face à cette machine à aces et continue de nous faire rêver !